Va voir ailleurs si tu y es

Va ( toujours ) voir ailleurs si tu y es

 

 

Lo que hace andar los mundos es la interacción entre las diferencias, sus atracciones y sus repulsiones. La vida es pluralidad, la muerte es uniformidad. Al suprimir las diferencias y peculiaridades, al eliminar las distintas civilizaciones y culturas, el progreso debilita la vida y favorece la muerte. El ideal de una sola civilización para todos, implícita en el culto del progreso y la técnica, nos empobrece y nos mutila. Cada opinión que se extingue en el mundo, cada cultura que desaparece, disminuye la posibilidad de la vida.

Octavio Paz

Sept mois sans publier , What the phoque ???!

A l’aéroport de Calgary, j’ai en tête Ushuaia et son petit aéroport a la charpente de bois et la moquette défraîchie.

 

Mais étrangement j’ai aussi l’impression que ces premiers coups de pédales face au vent remontent à plus d’un siècle. Si loin que je pourrais même douter de l’existence du souvenir.

 

Lire les différents articles de ce blog me fait sourire. D’abord pour les souvenirs qui remontent à chaque ligne.  Puis pour le contenu, les choix, le style (f*** l’otrografe, d’autant que je sais que ma maîtresse de CE2 scrute attentivement mes faux pas , une vieille peur du couloir flotte au-dessus de mes épaules )

 

Loin de moi l’idée de remettre en question ces publications, le manque de recul et la douce naïveté qui s’en dégagent sont moins le reflet de mon ignorance mais plutôt l’écho de ma jeunesse mêlée au besoin de réflexion.

 

L’Amérique du nord a été un autre voyage. Un nouveau chapitre bien diffèrent du précèdent mais pour autant indissociable de cette aventure en Amérique latine.

Sept mois ne peuvent être résume en un article. J’ai dû faire des choix dans mon partage, le blog a ses limites, j’ai les miennes.

Certaines choses ne sont pas faites pour être écrites ou même dites…ou peut être simplement murmurées dans l’intimité d’une nuit éclairée à la bougie, au bon vin et à la musique lointaine…

 

Pour décrire mon état d’esprit actuel, faite ce qu’il faut pour connectez votre cortex cérébral a votre imaginaire, parfois les premiers beat d’un good song suffisent, un calumet de la paix ou le silence crépusculaire d’une journée d’été bien remplie :

Watch out.

Une journée ensoleille.

Vous marchez.

Le temps est lourd. La chaleur de cette fin d’après-midi devient too much for you.

Un verre d’eau. Voilà ce qu’il vous faut. Vous accélérez le pas.

Comme par réflexe vos pensées ce focalisent sur l’emplacement de la carafe d’eau, sur la table de la cuisine ? Oui probablement sur la table.

Plus que quelques centaines de mètres.

SOIF.

L’avenue ? La voilà, vous y êtes. Le voisin ? Pas le temps. La flemme. Pas envie.

Clé, serrure, porte, trois enjambe légèrement en diagonale, cuisine.

 

Vous voilà à vider ce verre d’eau tiédasse.

Mais votre main tient toujours la carafe, a demi-posée sur la table. Pourquoi ?

Pur réflexe, vous avez encore soif. Vous n’avez pas fini ce verre tant attendu que vous avez encore soif.

Vous savez qu’il vous en faudra plus.

J’ai encore soif.

De voyage. De vélo. De découverte.

De crampes dans les cuisses et de géopolitique, de douleurs d’estomac post-eau douteuse, de sueur entre les orteils et de tortillas full off cheese. De corps et de flamme. De lac, d’Océans. De montagnes. De desserts.

 

Soif de liberté, affreusement cliche mais simplement efficace.

 

 

 

 

 

 

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Retour vers le futur 

 

La plupart d’entre vous le savent mais j’ai une famille admirable. J’aime à penser que nous formons une équipe soudée. Ce n’est pas l’éloignement qui a confirmé ce que je savais déjà. Mais off course, toute ces famille croisée sur mon chemin. Des pères, des mères, des fils et des frères…

 

Le vent de la liberté attise les braises du feu ardent que nous partageons. Il brûle en nous un amour sans cesse alimenté par des souvenirs d’enfance merveilleux et une infinie tendresse.

 

Alors voilà que le 11 janvier je vois débarquer 4 hauts représentants de ma « Tribe ».  Nolwenn, Adrien, Valentin et….PAOLA.

 

Adrien et Nolwenn me pressentent leur enfant. Ma sœur me pressente sa fille.

Bombe nucléaire cérébrale.

Hiroshima à cote c’était un feu d’artifice amateur.

Nolwenn a une fille. Minute. On parle bien de ma sœur la ?

 

Je me souviens encore du bruit insupportable des touches de son premier portable Sagem (à l’époque les portable avaient des touches et internet c’était liberty surf, facturée a la minute) lorsqu’elle envoyait ses premiers texto a ses amis rebelles en scooter/ banane Lacoste/pantalon dans les chaussettes, le combo gagnant (GROSSE classe les kai-ra, j’ai même vos noms en tête les gars. Désolé.)

 

Alors trois siècles plus tard, me voilà face à Paola.

 

Bon, j’imagine que vous n’allez pas me trouver objectif, peu importe. Je crois que c’est la plus belle de la Terre (de l’univers ?). Non, ce n’est pas l’exagération légendaire made in U.S qui aurait déteint sur moi. Si c’était le cas, Paola serait sur la plus haute marche du podium lors du concours de miss-baby 2016, avec tout un business plan pour s’assurer la place de number one depuis le Mini-Miss jusqu’au Miss america. En toute modestie.

 

Donc un peu déphasé, j’accompagne mes petit frenchies dans un RV road trip depuis Los Angeles jusqu’au Gran canyon en passant par la Death valley et Las Vegas !

 

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A la fin de cet article j’évoque la notion du temps qui se transforme totalement pendant ce genre de voyage. Adrien, Nolwenn et Valentin, n’ont pas tellement changé physiquement depuis notre dernière rencontre ! Mais être face à Paola c’est être face à un marqueur temporel surréaliste. La preuve vivante et irréfutable que le temps a passée. C’est un choc.

 

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Quelques semaines avant leur arrivé, je sentais déjà là. Différence parfois au Mexique, la fin d’un monde. Sans savoir mettre des mots sur cet avertissement, je pensais que ce petit road trip avec eux allait me permettre une transition en. Douceur vers les U.S.A. Et malgré la gentillesse qu’ils ont eu de venir passe du temps avec moi, malgré tout ce qu’ils m’ont offert et permis de voir à leurs côtés, je sens que quelque chose ne va pas et commence à me ronger doucement.

Lorsque les voyageurs croisés au sud me demandaient pourquoi j’avais choisis ce sens Sud-Nord, ils avançaient la raison du vent, de la rareté de la chose etc…

Je répondais machinalement que si l’on avance à contre-courant, les chances de croiser des voyageurs sont plus grandes. Ce qui c’est avéré être vrai.

Mais ce que je n’avais pas réalisé et qui aujourd’hui me saute aux yeux, c’est que remonter les Amériques du sud au nord signifie passer de l’Amérique latine, aux états unis. Pays où l’individualisme et la peur de l’étranger règnent en maitre.

Au-delà de l’aspect économique, la simplicité des rapports sociaux va disparaitre, des relations hommes/femmes, des modes de vies etc….Une évidence oui mais à cet instant j’ignorai totalement l’effet qu’un tel changement de situation puisse avoir sur moi-même.

 

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Easy West Coast

En quittant Los Angeles, j’étais libre de tout choix d’itinéraire. Je me souviens parfaitement avoir choisi la West coast pour la facilite.

Un dénivelé quasi inexistant, un bon compromis entre des paysages côtiers magnifique et quelques parcs nationaux. Une chance de croiser des voyageurs assez élevée et profiter de la réputation  » festive » de la côte Ouest…

Je m’entends encore dire  » allez en un mois, c’est boucle et à moi le Canada pour mars !  »

FAUX !

 

Ce genre de voyage à vélo c’est aussi, selon moi une grande part d « expériences humaines ».

 

Or, enlevez la difficulté « géographique » et la difficulté « matérielle »…C’est donc l’aspect « sociologique » qui va dominer.

 

A la fin de mon dernier article j’évoque ma première expérience dans un « shelter ». Est-ce cette première nuit qui m’aurait poussé à la découverte du monde des homeless ?

 

Les raisons sont multiples.

 

Loup phoque – Look folk – Loufoque

 

Des pieds à la tête :

Pour les pieds deux options : basket dégoté en Bolivie, trouée et très probablement plus vieille que moi OU CHANKI inséparable chaussure péruvienne faite de pneu recycle.

Pantalon avec un trou énorme OU short en jean découpé

Tee shirt cousu, recousu et re-re-cousu. En fait plutôt un morceau de tissu

Crane rase et barbe affolante

Pas vraiment le look-type du gringo

 

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J’ai l’impression d’être ridicule

dans leurs souliers

dans leurs smoking

dans leur plastron

dans leur faux-col

dans leur monocle

dans leur melon

J’ai l’impression d’être ridicule

avec mes orteils qui ne sont pas faits

pour transpirer du matin jusqu’au soir qui déshabille

avec l’emmaillotage qui m’affaiblit les membres

et enlève à mon corps sa beauté de cache-sexe

J’ai l’impression d’être ridicule

avec mon cou en cheminée d’usine

avec ces maux de tête qui cessent

chaque fois que je salue quelqu’un

J’ai l’impression d’être ridicule

dans leurs salons

dans leurs manières

dans leurs courbettes

dans leur multiple besoin de singeries

J’ai l’impression d’être ridicule

avec tout ce qu’ils racontent

jusqu’à ce qu’ils vous servent l’après-midi

un peu d’eau chaude

et des gâteaux enrhumés

J’ai l’impression d’être ridicule

avec les théories qu’ils assaisonnent

au goût de leurs besoins

de leurs passions

de leurs instincts ouverts la nuit

en forme de paillasson

J’ai l’impression d’être ridicule

parmi eux complice

parmi eux souteneur

parmi eux égorgeur

les mains effroyablement rouges

du sang de leur ci-vi-li-sa-tion

Solde, Léon-Gontran Damas

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Oui l’apparence physique peut être le début de l’explication mais cela ne suffit évidemment pas.

Ce qu’il faut garder à l’esprit c’est que depuis la Bolivie jusqu’au Mexique, atteindre une ville ou un village sur le temps du « midi », signifiait presque toujours être entouré pendant les repas.

Dans presque tous ces pays la vie est dehors, vous trouverez donc très souvent des petits stands ou des espace commun pour manger.

Parler comida, parler bouffe, c’est universel. Le monde entier peut échanger là-dessus.

Pour un voyageur en solo, ce sont des moments précieux. Un moyen parmi tant d’autre d’ouvrir le dialogue. Je crois que beaucoup de mes beaux souvenirs de voyage se situe autour d’une table.

Arriver aux USA, c’est dire au revoir à tout cela.

 

 

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Entrer dans un hyper-marché énorme où les caddies sont aussi gros que leur 4*4…. Passer du temps dans les rayons interminable qui proposent cinquante millions de marques différentes pour chaque produits…Le regards des gens qui se demandent pourquoi je rigole alors que je pue la sueur et que je suis sale…STRANGE….Des fruits importe fluorescent, provenance des bananes ? Ecuador… PLEASE DO NOT JUGGLE WITH APPLES … Acheter un peu de pain, une boite de thon et une tomate… manger le tout devant le centre commercial ou parc ( quand il y en a un… )

 

 

Dans beaucoup de région d’Amérique du Sud, lorsque vous pénétrez dans une pièce où les gens sont occupés à manger, la politesse veut que vous souhaitiez un bon appétit à l’ensemble de la salle.

Au Pérou ou en Bolivie, on partage une bouteille de bière (par exemple) avec le même verre pour chacun.

 

 

Vigilance

Je suis sur un banc à la sortie d’un supermarché. Pause du midi. Le vigile sort et me demande de rendre ce que j’ai volé. Directement. Il m’a vu et il le sait.

Le pauvre affiche une belle moustache mexicaine et un badge au nom de « José »… C’est donc dans un espagnol impeccable que je lui réponds. Une vérification du ticket de caisse plus tard, il repart bredouille en s’excusant…

 

 

Posez votre vélo et grignotez quelque chose près de votre monture sur une place centrale d’un bled  au Pérou, en Colombie ou au Guatemala peu importe. Vous pouvez être sûr que dans l’heure qui suivra, un local viendra AU PIRE simplement échanger quelque banalité.

No way in USA. Je ne dis pas que ça n’arrivera jamais, mais bien moins souvent, dans cette même situation.

Les nuits, évidemment. En Amérique centrale et au Mexique, j’avais pris l’habitude de recevoir ou demander chaque soir la permission de camper sur un terrain prive. Ce qui vous vous en doutez amenait a de très belles rencontres.

Là encore, j’ai vite déchanté en Californie. La cote est riche, très riche. Riche de gens effraye de laisser une tente sur 2m carré de pelouse pendant toute une nuit !

 

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Robotik

Je suis sous la pluie depuis ce matin. Pas le crachin breton mais bien la pluie King Size. La nuit va tomber et je ne trouve rien pour m’abriter. (Monter une tente sous la pluie est un exercice que je connais assez pour ne pas en avoir envie)

Tremper de la tête au pied, je frappe au seul bâtiment a des km à la ronde. Un office de Rangers. J’ai toujours eu d’excellent rapport avec eux. Je demande à pouvoir m’abriter sous un petit hangar vide. NO.

La fameuse phrase  » si tout le monde faisait comme vous…etc…». Il n’y a rien à répondre à ce genre de logique, inattaquable.

 

 

 

Homelessness

Et malgré tout cela je ne suis pas seul. Malgré tout cela je commence à apprécier les USA. Parce que dans chaque ville ou small town , les rues regorgent de homeless. ( S.D.F)

 

Il m’a fallu du temps pour réaliser que ce sont eux qui allaient constituer la majeure partie de mon expérience états-unienne.

 

J’aimerais avoir la maturité littéraire et intellectuelle pour analyser et comprendre les sentiments qui ont pu me traverser pendant ces mois. Cette mise à la marge volontaire de ma part n’est pas anodine d’un point de vue personnel et la curiosité  ne peut pas tout expliquer.

 

 

 

 

 

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Vétérans

 

Ce n’est pas par hasard que j’ai choisi d’écrire d’abord sur les vétérans de l’U.S army. Ce sont eux que vous trouverez en très grand nombre parmi les SDF californien.

 

Envoyons un jeune homme tuer ! LET’S GO !

Nous n’aurions qu’à lui dire qu’il le fera au nom de la défense du pays, de la défense du drapeau.

Vaincre l’axe du mal.

Voilà notre homme qui revient, quelques doigts en moins, quelques souvenirs en plus.

Les intestins d’un enfant répandus sur le corps de son petit frère, baignant dans une mare de sang.

Mental Issues.

FOLIE.

A medal. No Jobs. No money. The street.

J’ai tué pour vous.

J’ai faim.

J’ai tué pour vous.

J’ai froid.

J’ai tué pour vous.

Je me sens sale, ignoré, parasite.

J’ai tué pour vous.

Need my shit, Need my dope.

Il n’y avait pas d’armes de destruction massive ? Really ?

Une vaste blague ?

Trop complexes, les enjeux m’auraient –il échappés ?

Si je n’ai pas tué pour vous … pour qui ?

Gardez vos excuses et rendez-moi ma vie.

Pourquoi?

STOP no more questions, I need my shit.

Oubliez-moi pendant que je m’oublie.

 

 

 

 

 

 

 

 

PTSD-Post-traumatic Stress Disorder

Today I freaked out in a store where danger was non-existent.
Maybe if I stay up all night doing coke there won’t be any nightmares.
But I can’t go without sleep.

The war is over for me. 
I don’t understand why I panic or break out into sweats 
or fits of anger.

Today I saw most of my family for the first time in a year.
Nothing felt real; everyone was but a stranger passing by me on a street. 
« Dissociation » is the term, I believe.

I feel like my mind has shattered 
and that I left my soul in Iraq. 
I don’t want to admit that I’m hurting inside.

When my emotions were shut off,
I didn’t get to choose which ones I would keep. 
I feel utterly lost.

I used to be strong and proud. 
Now all I can think about is what I saw, what I experienced. 
Nothing in the world seems to matter beyond that.

I think more now, and when I speak it’s with a sarcastic tone. 
Months of feeling dead inside are followed by a week of depression and tears. 
I feel weak and frail, my identity and faith shattered.

In « The Odyssey, » Homer asked: 
« Must you carry the bloody horror of combat in your heart forever? » 
The answer still eludes me.

Robert K.

 

Homeless curiosity

 

En Californie, on trouve des artistes et des personnages hauts en couleurs qui rendent la rue passionnante ! Mais plus je fais route vers le Nord, plus la population homeless change…

Je n’aime pas le terme homeless. C’est un mot qui regroupe dans la même catégorie, énormément de situations différentes.

Famille mise à la rue provisoirement, adolescent rejeté de tout et de tout le monde, ex-entrepreneur fauche, vétéran US-army, homeless temporaire ou définitif…etc…

 

Histoires de rues, de viol, de prostitution, de mise a la porte, de crédit impayés, de « j’avais confiance en lui …», de drogue encore et toujours…Boire et fumer est devenu un moyen de partager avec eux. Je garde le controle.  Parfois j’ai besoin de me sortir de la et trouve une sorte de réconfort malsain et étrange dans la nourriture bon marché. Ces affiches omniprésentes de burgers au steak juteux et pizza au fromage dégoulinant, ont un effet d’attraction, scary.

Attention, je croise de très belles personnes dans ce monde de fou. Que ce soit des gens vivant dans la rue ou des personnes rencontré via Warmshower (très bon site mais que je finis par abandonner) et je me dois de remercier (dans l’ordre) Ken et Kenny, Don et Mary, Paula et Chris, Cory the artist, Tricia et George et enfin Erin Scott. Chez toutes ces personnes j’ai de très bon souvenirs et chacun à sa manière m’a beaucoup aider.

 

Je suis dans cette maison. Rusty et Judy m’ont accueilli dans leur « ferme » pour quelques jours. Ce soir nous sommes tous invite dans une villa voisine.

On nous a priés de retirer nos chaussures avant d’entrer. La maîtresse de maison a eu un regard sur l’état de mes vieilles chaussures mais avec politesse et une certaine classe, elle a su masquer son malaise en moins d’une seconde.

Mis à part mes Adidas bolivienne, j’ai sorti pour l’occasion une chemise fripée et recousu mais propre et un pantalon noir « sport ».

 

Entre le portail et la porte principale il a fallu rouler pendant un petit mile. La propriété est immense. L’énorme bâtiment est entouré de sapins hormis la façade ouest, tournée vers la cote, dominant la falaise et l’Océan pacifique.

Si il faisait froid dehors, le plancher chauffant et le verre de vin blanc me réchauffe en quelques secondes. Poutre apparente, ameublement sobre et baie vitrée immense s’accordent parfaitement pour donne à la pièce une atmosphère douce, relaxante.

A table le dîner est incroyable. Je fais face à 3 fourchettes à ma gauche et 3 couteaux à ma droite. (Titanic ou Jack London, selon vos choix)

On parle cuisine, politique, culture…

 

Comment pourrais-je leur annoncer que hier soir j’étais saoul, chantant et dansant avec un couple.de homeless sous un pont à 40 km de.la ?

Comment allais-je amorcer cela dans une conversation ?

 

Je me rends compte petit à petit que ce genre de grand écart devient dangereux.

 

 

San Franscisco. Je viens de poser le vélo près de la marina. Je vagabonde un peu autour du bloc lorsque deux policiers arrivent à ma hauteur. Je n’en crois pas mes yeux, sans même m’avoir demander mon passport ou mon identité, ils me demandent de sortir du centre-ville.

Sympa l’accueil.

Dépité je ne cherche pas le dialogue , prend mon vélo et file direct camper après le Golden Gate . Un mal pour un bien puisque j’y croise Sarah Bellum, une camarade de route avec qui j’avais déjà rouler quelques semaines avant. Un sourire sur un vélo cette chick.

J’apprendrais plus tard que la ville de San Francisco avait décider de « nettoyer » le centre ville à cause du SuperBowl. Il serait malheureux pour les touristes de croiser des S.D.F.

Si si ça se comprend ! Moi je faisais pareil quand j’étais ado pour ranger ma chambre, je mettais mon bordel sous le lit. Easy. Il n’y a pas de problemes puisqu’on ne le voit pas.

 

 

 
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Les homeless m’enseigne, entre autre choses, le dumpster-diving. Récupérer dans les poubelles ce qui peut être mangeable. Étrange ? Choquant ?

 

Ce qui me choque c’est d’y trouver à manger régulièrement, à cette époque j’étais encore timide à ce niveau-là.

 

Je découvre mes premières Food Bank, association liés à une église ou à une ville, collectant de la nourriture auprès des supermarchés ou des particuliers.

 

 

 

 

Aujourd’hui j’ai essayé de rouler 100 km. Impossible. Apres 50 km, je m’arrête pour manger. Je ne supporte plus les regards, indifférents ou effrayés.

Je ne supporte plus cette routine qui s’est installé et ce petit fake-bonheur qui s’anime lorsque j’atteins un super marché  » hey peut être que la caissière a des big boobs, qui sait ? « 

Aujourd’hui la première personne à m’adresser la parole est Dan, homeless qui me propose de partager les fruits qu’il a eu à la Food Bank. Un brave homme. L’après-midi je rejoindrais son groupe, ils me proposeront de rejoindre un shelter. Merci mais non merci. Certains shelter sont très bien, mais par expérience je sais que d’autre sont assez terribles.

Un jour j’arrêterais de vous sourire. un jour j’arrêterai de vous saluer. Un jour je serais comme vous, méfiant et seul.

En Amérique Centrale, Les enfants faisait la queue pour essayer le klaxon de Tornado, me posait mille questions à propos de la chèvre, devenait fou lorsque je sortais le ballon de mes sacoches etc… Ici les gosses sont collés à leur smartphone.

Ou suis-je ?

 

 

 

 

 

1975. Deer Lake. Me. You.

Practicing not tipping canoe.

Tipping. Not tipping.

Paddle. Paddle. Me. You.

Not tipping. Tipping canoe.

1975. Deer Lake. Me. You.

Practicing not tipping canoe.

Tipping. Me and you. Flipping.

Gravity tipping. Falling. Sinking.

Point of no return.

Laughing. Floating. Summer.

Paddle. Paddle. Canoe.

1985. Chilliwack. No you.

Rough, cold, fast water.

Deep. Me without you.

Paddle. Paddle.

Tipping. Tipping canoe.

Beyond equilibrium.

Me. No you. Beyond recovery.

Sinking. Dreading sinking.

2005. New West. New.

Different you.

Me with you.

Different paddle.

Different place.

Different you. 

Different canoe.

Tipping. Not tipping.

2005. New West

Struggling upstream.

Fighting downstream.

Up. Down. Struggling.

Work. Live. Grow.

Practicing. Practicing.

Not tipping. Not falling.

2015 DTES. Me.

Me without you. No paddle.

No waters. No tipping canoe.

Neighbours are tipping.

Tipping and falling.

Sinking and dreading.

Point of no return.

Beyond equilibrium.

2015. DTES. Me.

Me without you.

Still grieving your ending.

Clinging to my beginning.

No tipping. No falling.

No sinking. No dreading.

No rough driving river.

No paddle. Canoe.

No recklessly wading

Where shadows are blue.

By James Witwicki , homeless

James Witwicki est un homeless qui après avoir perdu sa femme, tomba dans l’alcool et les drogues dures. En cure, il a découvert l’écriture pour remonter la pente.

Ce poème provient d’un magazine « Mégaphone». Le principe est simple. Chaque homeless peut racheter un paquet de ces magasine (75 cents unité), un badge à son nom l’autorise à revendre le tout dans la rue (2$ unité), le bénéfice lui revient. Les prix sont fixes.

 

 

 

 

Wild

 

 

 

 

Morning mist dissolves to buildings sheathed in scaffolds steadily raining nails

They are building a time bomb to demolish the future after 2120

They follow orders ; the pay is okay

Those who have jobs are at work

Those who have money are shopping

Those who have walls watch T.V

A billboard’s neon dots repeat

An ad for milk: a robot drinking

Until his see-through stomach fills.

Those who have cars , drive

Those who have food, eat.

Those who have non, beg.

Nobody asks if 2120 is a year or an hour

No questions, Sara baker

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Redwood

 

Arrivé au parc national des Redwoods, j’ai besoin de me retrouver seul.

Retrouver la nature. Simplement.

J’ai laissé ma tente quelques jours dans le foret et je me suis balader parmi ces êtres immenses.

Sans pensées et sans vêtements, j’ai marché nu parmi les géants.

(J’ai traîné un mauvais rhume pendant trois jours après.)

 

Je me demande jusqu’où m’emmènera cette homeless-curiosity.

Faut-il faire demi-tour ?

Revenir vers le Mexique ?

Virer vers les montagnes malgré la neige et le froid ?

 

Être seul dans ce genre de moment est devenu une nécessite.

Attention, il faut différencier le fait d’être seul et la solitude.

La solitude je l’ai connue au Pérou.

 

La solitude effraie et fascine.

 

« …L’unique moyen de combattre la solitude, c’est de la connaître… »

 

La solitude c’est un gouffre, une crevasse obscure, immense. Tristesses et douleurs constituent ses parois abruptes et glissantes. La question n’est pas de savoir si vous allez y tomber ou non. Car, croyez-moi, vous allez vous pencher, basculer et tomber.

 

Je connais ce gouffre. Je m’y suis promené pendant des heures, des jours, des semaines… Il n’y a rien. Les rares bonheurs dissimulent en fait une perversité malsaine.

 

Demain

sera le même jour

Je n’aurai vécu que quelques instants

le front collé à la vitre

pour accueillir le carrousel du crépuscule

J’aurai étouffé un cri

car personne ne l’aura entendu

en ce désert

Je me serai mis

dans la position du foetus

sur le siège de ma vieille solitude

J’aurai attendu

que mon verre se vide à moitié

pour y déceler le goût du fiel

Je me serai vu

le lendemain

me réveillant et vaquant

Atrocement semblable

Pierre Joris

La question est de savoir comment allez-vous réagir une fois arrive au fond. Allez-vous continuer à creuser tête baissée ou bien relever les yeux et commencer l’ascension ?

 

Oui, plutôt que de creuser vous devez construire. A l’aide de vos souvenirs, vous façonnerez des prises précaires qui jour après jours deviendront des marches solides. Les premières d’entre elles viendront tout droit du plus profond de votre cœur, le regard éternel doux et rassurant d’une mère, les épaules si larges d’un père, super-héros n’a jamais.

 

Alors ce gouffre vous apparaît bien plus petit. La méthode est simple, chaque rencontre, chaque bonheur du voyage viendra directement le remplir. La clé est là. Non seulement le gouffre se remplira vite mais la route continuera sans arrêt d’apporter de quoi poursuivre cette fortification, de quoi ériger une montagne d’images, d’odeurs, de sons, de touchers, de feelings etc…

 

La solitude crée elle-même une dépendance aux autres.

 

Alors la rue m’offre ce que m’offraient les familles, les hommes, les femmes et les enfants croisées sur ma route d’america latina.

 

 

 

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Mais je ne peux pas quitter cette école. Quelque chose me pousse à continuer cette découverte.

 

Une école immense.

Il y a des mythes, des légendes à propos de cette école. Certains dissent qu’on n’y ressort jamais tout à fait, certains prétendent même qu’il n’y a pas de sortie.

C’est une école si grande qu’on la dit infinie.

Les professeurs sont aussi les élèves, parfois bon, parfois mauvais. Parfois très intelligent, parfois abrutis. Des milliards.

Chaque jour on se présente en salle de classe.

On y enseigne des sciences, du spirituel et du mystique, des religions, des arts, des métiers. On y apprend le pouvoir des mots, le pouvoir des corps.

On y enseigne le pouvoir de la différence, des regards, de l’amour, de la haine.

On y apprend aussi des langages, parles et silencieux.

Ce que je préfère dans cette école c’est la cours de récréation.

Elle est dangereuse cette cours. On y trouve des élèves dans le coin sombres prêt à tout pour vous piquer vos billes, sans jouer à la loyale.

Certains ne voudront jamais jouer avec vous au ballon et préfèrent garder leur gouter pour eux seuls.

Dans cette cours il y a des enfants qui vivent. Quand d’autre survivent.

Ici on se moque facilement, pour rien.

On montre du doigt.

On tabasse le faible jusqu’à ce qu’ils rejoignent les siens. On les tabasse. Jusqu’à ce qu’ils en aient assez. Jusqu’à ce qu’ils deviennent forts à leur tour. Jusqu’à ce qu’ils nous tabassent.

On joue à policier-voleurs. Mais dans cette école il ne suffit pas de toucher pour attraper. Ni pour délivrer.

On joue aux garçons attrape les filles.

Mais dans cette école, les garçons peuvent attraper d’autre garçons, les filles peuvent attraper les filles.

Mais parfois dans cette école, les garçons attrapent les filles sans leur demander. 

Mais parfois dans cette école, les filles attrapent le cœur des garçons sans leur demander. 

Ce que je préfère c’est la cours.

Parce que le mec le plus cool à la récré, c’est toujours celui qui a le vélo.

 

 

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Frisson dans l’Oregon

Je ne pensais pas que je connaitrais ma plus grande frayeur sur mon vélo en Oregon. Il faut avouer que ça ne fait pas trop « aventurier ».

Ce matin-là je me suis réveillé sous le pont de Wedderburn. Content d’avoir eu la lucidité de me choisir un endroit au sec puisque la pluie avait commencé dans la nuit et n’avait pas cessé depuis.

En traversant le pont je m’arrête boire un café et me préparer a une journée Warrior Under the Rain. On me prévient que le vent se levé et qu’il va falloir être prudent…

Les km défilent et la pluie se change en grêle. Je me retrouve seul sur la route. Plus aucun véhicule. Etrange.

Protégé par le « relief » du Humbug moutain park je n’ai pas conscience de la force du vent. A hauteur d’un RV campground, j’aperçois des caravanes renversées, certaines ont le toit dépliant arrachées.

Arrive dans la Bruch creek, la route repique brutalement vers l’ouest, face à l’océan…qui n’a rien de pacifique à cet instant. La géographie de la creek crée un effet aspiration très violent.

100 mètres plus tard une première rafale décolle mon Tornado du sol (avec moi dessus), de quelques millimètre j’imagine mais suffisamment pour nous envoyer frapper la barrière de sécurité. Merci les grosses sacoches qui ont amortis le choc et sauver mon genou.

Je parviens à descendre du vélo. Une main fermement agrippée a la barrière, l’autre au guidon de Tornado. La situation est dingue.

Si je lâche le vélo, il ira probablement s’écraser je ne sais où et subir de gros dégâts. Si je lâche la barrière…bref.

Apres trois heures… ou trois minutes je n’en ai absolument aucune idée. J’ai un gout de sang dans la bouche. Le vent soulevé du sable de la plage de mêlant aux grêlons fouettent mon visage et mes mains…!

Je fatigue, le vélo devient de plus en plus lourd à maintenir d’une seule main. PEUR.

C’est John, un old-ranger qui travaille tout pret qui me fait de grand signes depuis son 4*4 qu’il parvient à approcher jusqu’au fameux virage. Il m’a donc fallu attendre une légère accalmie dans la tempête pour réussir a lâcher la barrière, laisser le vélo s’embarquer dans le vent tout en courant a cote et monter dessus dans un sorte de « semi-contrôle ». Il a presque les larmes aux yeux quand il me voit ! Are you crazy sir ??

Autour d’un café il m’apprend que la circulation à été interdite dans la matinée pour raisons de sécurité…et moi joyeux vagabond je me suis dit que j’allais pédaler, normal.

Comble de la journée. Vers midi le ciel se dégage et laisse place à un temps quasi-perfect, blue sky et gros soleil. La météo a un humour qui parfois, m’échappe.

 

 

Sans titre

 

Seattle

A Seattle je suis décidé à tenter une réel « reconnexion » en sortant du monde des homeless. Tymer m’accueille les bras ouverts. Sa copine étant partie découvrir les routes de la Californie à vélo, je l’aide à déménager pendant qu’il prend le temps de me faire découvrir la ville.

Je décide de ne pas regarder à la dépense (bar, cinéma, expo etc…) et de faire un véritable effort pour ne pas courir chasser le vagabond errant dans la rue de cette ville immense.

Tymer a été incroyablement amical avec moi mais je n’y arrive pas.

 

A L’heure de faire un bilan financier de ces trois moi au U.S.A, le constat est amer. Les caisses sont presque vides.

Je décide de faire ce que j’ai toujours fait avec brio, repousser à plus tard !

La fin de mon visa arrivée, je dois faire route vers le Canada.

 

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…Accordind to the bc coroners service 325 homeless people died in this province between 2006and 2014.

It is estimates the true number roughly twice as high.

As municipalities across B.C continue to struggle with a lack of affordable housing and appropiate harm reduction services, a growing number of homeless people are dying on the streets and in shelters.

With overdose deaths rising dramatically in 2015,eviction of residence in low income buildings increasing, and affordable number of homeless deaths in this province is only expected to increase.

As still dying on the streets outlines, homeless deaths are still largely preventable. In 2014, the Bc coroners service determinated that 52.2 % of homeless death were accidental. In contrast accidental deaths account for just 16.5 % of all.death in the general population.

The percentage of homicide and suicide is also double for homeless.people.

The report clearly shows that homelessness puts people in an extreme state of vulnerability and greatly increases their chance of dying violently.

The B.C coroners service classifies drug and alcohol related deaths as accidental and they still account for the largest number of homeless deaths. 30.4% in 2014. With illicit drug overdose deaths in B.C dramatically rising by 27.% to 465 death in 2015 homeless deaths will likely rise with them when updated data is released.

The highest overhall number of homeless deaths in 2014 occured in the fraser region, wich doubled to 14 deaths from the year before. A combinaison of rising housing prices and a lack appropriate increased pressure on the region and made homeless people more marginalized…”

Voice of the street

 

 » Je n’ai jamais été contrôlé positif  »   L.A

 

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We drink. We smoke. We kill ourselves à petit feu.

 

 

 

A Vancouver, je resterais plus de deux semaines dans les rues.

 

Dès le deuxième jour je fais la connaissance de Crapi. A la rue depuis l’âge de 14 ans. Il se déplace maintenant à vélo en Colombie-Britannique. Mais son territoire c’est bien Vancouver.

La première chose qu’il me demande :  » tu as faim ?  »

Il m’enseignera beaucoup d’astuces et me montrera les bons coins pour trouver de la nourriture, cachez mon vélo et dormir.

Il me parle de Vancouver, même lui qui connait bien cette ville commence a en être terrifié.

En effet, les rues de Vancouver c’est d’abord et avant tout la drogue.

Le monde de la rue, je ne vous apprends rien, c’est un monde où drogues et alcool sont là en permanence. Mais Vancouver c’est autre chose, c’est le niveau supérieur.

J’organise mes journées entre le terrain de basket et la Library dans la matinée, sieste et « chill » l’après midi et le soir je rejoins Crapi et sa copine.

Tous les jours, je me lave rapidement dans une fontaine publique sur David Lam park sous le regard intrigue des passants. Et j’utilise les lavabos publics pour laver mon linge.

Crapi passe ses journées près du musée d’art contemporain. Sa remorque est remplie de bricoles prêtes à être revendues. Il lui est arrivé évidement de dealer mais aujourd’hui ses activités sont disons…limités.

Un jour Crapi me propose de faire des « livraisons » à vélo. En voyant ma tête il éclate de rire et m’explique, relax Tito. Nous passons dans les différentes Food Bank, chargeons mes sacoches et sa remorque et nous partons distribuez le tout a ses amis qui peine à se déplacer sur une longue distance.

Apres cela je participe a quelques journées organiser par le collectif FOOD NOT BOMBS qui récupère de la nourriture dans les restau, les supermarchés et les donations , puis le tout est préparé , cuisine et servis gratuitement sur Hasting Streets ou commercial .

Il y a quelque chose de très intense à servir des hommes et des femmes que j’ai pu croiser ici ou la.

Mais je tiens à rester vivre dans la rue.

Il y a ces instants je suis si léger, je slalom entre leurs sac Gucci, entre leur Smoking sur mesure, Porche à ma gauche, Lamborghini à ma droite.

 

Je suis un poisson dans l’eau. Entre deux eaux plus précisément.

Un œil clos fixé sur mes souvenirs, un œil grand ouvert fixé sur cette folie.

Si je suis un borgne, qui sont les aveugles ? Eux, nous ? Où est le royaume ?

 

 

 

 

Parler de Vancouver c’est aussi parler de Stanley Park.

Magnifique parc en journée qui accueille joggeurs, familles et amoureux en goguette. Mais la nuit tombée, Welcome to Walking Dead Park.

Beaucoup de homeless y vont pour trouver un endroit pour dormir. Mais le parc se rempli aussi de tweakers et junkies. C’est un endroit très dangereux car même le plus honnête des hommes deviendra menteur et voleur s’il a besoin de sa Big H.

C’est là que chaque soir je dois trouver un endroit où « dormir ».

 

Hier soir, j’y ai vu une femme enceinte s’injecter un peu d’espoir dans le bras.

J’ai retourné cette image dans ma tête toute la journée. Je resterai seul aujourd’hui.

 

 

« Dans un nuage de fumée ma rage je contiens…KJ »

Sur Granville street, je regarde les filles talon aiguille / mini-jupe / duck face et les mecs chemise trop courte / pectoraux gonfle / whisky-Coke.

A 3h du mat la scène devient ridicule. Tout ce beau monde sort des Nightclub dans une rue où l’accès a été interdit aux voitures. La police est repartie de deux côtes de l’avenue.

Certains vomissent les 300 dollars qu’ils ont claques sur fond de musique supermarché. D’autre montrent les muscles et amorcent des sort of bagarre (drunk fight). La police s’assure que les bum ne les dérangent pas.

Ou suis-je ?

Je m’isole dans une ruelle. Une fille sort d’un énorme 4*4, claque la porte, balance son petit sac à dos et part s’assoir en pleurant.

On discute quelques minutes. Laureen.

Ce visage. Des yeux bleus et des cheveux blonds aussi pâles que la première lumière. Une autre porte dont j’aurai caressé la poignée dans une autre vie. Loin. Si loin que la fumée revient instantanément masquer mon égarement. Elle a ce pouvoir.

Sans même chercher à savoir je comprends tout de suite ce qu’il vient de se passer dans la voiture. Je ne parviens pas à déterminer son âge mais elle me dit vivre sur Downtown Eastside. Pour y avoir circulé avec Crapi et surtout écouter ce qu’il avait à en dire, dans ce quartier à l’est du centre-ville se résume en quelques mots : chômage, drug-crimes, prostitution, traffic. Beaucoup le nomme « The market » tellement il est facile d’y trouver quoi que ce soit pour s’évader, oublier la douleur.

Il faut sortir d’ici.

GET OUT.

 

Le lendemain je roulais vers la sortie du centre-ville lorsque je m’arrête à hauteur d’un rassemblement de manifestant installé au pied d’un énorme building.

 » Où a tu eu ton drapeau ?!  » Voilà ce que j’entends dans mon dos…en breton !

L’œil farouche et le sourire aiguisé, un militant interpellant les passants sur le trottoir a reconnu le Gwenn ha du fixé sur Tornado. Yvon.

Il me renseigne d’abord sur le pourquoi du rassemblement :

http://www.lapresse.ca/actualites/national/201605/24/01-4984604-c-b-des-scientifiques-demandent-labandon-dun-projet-de-barrage-hydroelectrique.php

http://ici.radio-canada.ca/regions/colombie-britannique/2016/08/09/003-autochtones-premieres-nations-christy-clark-barrage-hydroelectrique.shtml

Je viens de faire une rencontre capitale mais je ne  le sais pas encore. Nous échangeons nos mails respectifs et je continue mon chemin la tête dans le brouillard.

J’avais entendu parler d’un rassemblement de vélo en fin d’après-midi près de Woodland  Park.

J’étais en train de m’endormir pour patienter lorsqu’un curieux vient me demander si c’est un Sound system qui est accroché derrière mon vélo !

Je fais la connaissance d’Inti. Curieusement cette journée doit être marquée d’une pierre blanche car cette deuxième rencontre a été sans aucun doute elle aussi d’une grande importance.

Inti en Quechua veut dire « Soleil ». Fils du monde, il est né entre la Bolivie et le Pérou et son existence même est le récit d’un voyage, une aventure.

Il me propose une chambre d’amis dans la maison qu’il partage avec une famille de trois personnes et un autre couple. (La question du logement à Vancouver est…irréelle)

Lorsqu’il ne travaille pas Inti passe beaucoup de temps avec moi. Anglais, espagnol, français…poésie et jonglage nous offrent différentes formes de langage, nous échangeons énormément sur l’Amérique latine, sur nos parcours etc…Nous partons à la chasse aux canadiennes, parcourons la ville à vélo en criant notre folie à qui veut l’entendre…

Après peu de temps Inti me pose deux questions simples :

 » Qu’est-ce qu’un mec qui à traverser deux continents à vélo fait à vivre dans la rue avec les sdf  ?   »

 » Et maintenant ?  »

 

Dans la chambre où je reste presque dix jours, il n’y a pas de fenêtre. Il m’arrive parfois de dormir jusqu’à 14h et au contraire parfois de réveiller en pleine nuit sans trop savoir quoi faire.

J’écris énormément chaque jour comme un possédé. J’ai du mal à me concentrer pendant les conversations que je peux avoir avec les membres de la maison. Je bafouille, je me trompe dans les prénoms, j’en dis le moins possible pour ne pas me perdre dans des explications trop complexes. Je reste hors du centre-ville le plus possible pour ne pas être tenté de retourner dans la rue. Ce qui n’a rien de facile.

Inti et moi sommes invités à manger chez Yvon et Valérie, sa femme. Sortant du boulot, Inti a prévu de me rejoindre là-bas. J’arrive donc seul avec Tornado.

L’accueil restera dans les mémoires…des voisins ! Yvon a sorti le biniou et un énorme drapeau breton et fait sonner l’instrument en pleine rue !

Je découvre une maison chargée de souvenirs du monde, chargée d’une vie bien remplie, témoins de la générosité de leur propriétaire, témoins de leur ouverture et de leur engagement militant. Dans l’atmosphère flotte un amour familial presque palpable …et une odeur de saumon sauvage mijoté au four paradisiaque…

Valérie, anglaise exilée mais cuisinière quasi-légendaire supporte l’humour décapant d’Yvon, breton de racines et de cœur.

Ils me proposent de rester chez eux.

Durant mon voyage en Amérique latine, j’ai réussi à garder un contact par Skype régulier avec ma famille. Très peu par rapport à d’autres voyageurs que j’ai croisés. Mais après le Mexique j’ai arrêté, me contentant de quelques nouvelles écrites via Facebook.

Alors je décide de les appeler, d’entrée de jeu, mon père me dit  » alors, ce n’était pas si mal les USA finalement ? »

Avec ces mots je réalise le fossé qu’il s’est creusé entre mon vécu et ce que peuvent avoir imaginé mes proches.

L’heure de faire un choix est arrivé. Les caisses sont vides mais rentrer en France est hors de question, pas avec ce sentiment, ce gout de cendres dans la bouche.

Yvon et Valerie me parlent d’une ile où ils y ont installés une petite maison secondaire familiale ainsi qu’une yourte. Denman Island.

Quelques mails échangée plus tard, un poste dans une ferme m’attend, en tant que wwoofer. (Pas de salaire, 4 ou 5 h par jours contre le. Logement et la nourriture).

Larry Berg et Anne De Cosson me reçoivent dans leur magnifique ferme. Producteurs d’un jus de pomme organique divin, ils y élèvent leurs trois fils tout aussi organiques mi- viking, mi- bucherons. Leur accueil est awesome. Me voilà installe dans une caravane au fond de la propriété, a l’entrée du foret, le cadre est magique.

Passer d’une tente à une caravane c’est accéder à la suite présidentielle, 5 Etoiles.

 

 

 

 

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Dans la maison de mes grands-parents paternels, près d’Angers.

J’ai le souvenir d’un petit objet en plastique, jaune ou orange. Comme des petites jumelles avec au-dessus une fente où l’on y insère des « recharges » de diapositives. Le bas il y avait des images du monde, des bâtiments célèbres etc…. Orienté vers une source lumineuse, avec les lunettes devant les yeux, une petite molette permettait de passer d’une photo à une autre d’un simple « clic ».

Parfois, souvent, je porte ce genre de lunettes. Les gens peuvent être lancé dans une conversation autour de moi et parfois même m’adresser directement la parole mais j’ai en face de moi Raped CLIC. Argentine. CLIC. LA montagne. CLIC. One face. CLIC Leurs visages. CLIC. Ivresse CLIC Ma plage CLIC Meth CLIC Des étoiles CLIC JuradoCLIC Hero CLIC Death

 

Denman

 

Premier matin. Le réveil sonne. Quoi ? Le réveil sonne ? Dans quel but ?… Ah oui … let’s go …

Je me souviendrais toujours de ce sentiment lorsque, les quatre heures de travail achevée et le repas du midi terminé. Je me suis trainé péniblement sur 150 mètres pour rejoindre ma caravane et m’affaler sur le lit. Isis OVER comme dirait V-C. Dodo.

Le boulot n’avait RIEN de fatiguant et pourtant j’avais l’impression d’avoir bossé 48h non-stop.

 

Le miroir

Depuis combien de temps je ne me suis pas retrouvé complètement seul ?

 

Dans la caravane où je suis logé il y a un grand miroir.

C’était quand la dernière fois que j’ai pu me faire face de cette manière ?

J’y vois un corps faible. Un visage si pâle.

Un visage fermé. Un visage qui voudrait parler de tous ces histoires collectés dans la rue.

Qui voudrait comprendre.

Etait-ce reflet qui a traversé la Patagonie en vélo ?

Etait-ce reflet qui a pédalé sous la chaleur de la Pampa ?

Etait-ce reflet qui a appris à manier la canas a Tarija ?

Etait-ce reflet qui a roulé pendant des semaines sur les plus hauts sommets avec un vélo de 55 kilos ?

Etait-ce reflet qui a été nourris à toutes les tables ? Logé sous tous les toits ? Soutenant le regard du Péruvien qui n’a rien ?

Etait-ce reflet qui dansait avec les colombiennes Del Choco ?

Etait-ce reflet qui a tant reçu d’aide de ces milliers de gens ?

Etait-ce reflet que les USA ont anesthésié ?

 

 

 

 

Les premiers jours se ressemblent.

Puis petit à petit je me rends compte qu’il me reste de l’énergie pour sortir l’après-midi, puis le soir.

Apres une semaine, il m’en faut plus. Je pars d’abord nager au Graham Lake. (LE lac parfait)

Grace a un vieux vélo de course que Larry m’a permis de réparer, je roule de plus en plus autour de l’ile. D’abord tranquillement en sifflotant puis comme un fou en essayant de le faire le plus vite possible. En sachant que sur le parcours il y a une méchante cote bien raide surnomme the Devil’ Hill.

Anne nous cuisine tous les jours des plats organiquement merveilleux ! Je peux sentir la différence très vite sur ma santé, mon énergie.

 

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Les choses qui poussent.

 

Le cadre est absolument magnifique, le travail ne manque pas et les taches sont variées. Je jamais été vraiment un fermier dans l’âme mais je dois avouer que j’y prends gout assez rapidement. Etre si proche de la Terre me renvois beaucoup de souvenirs de la Bolivie, du Pérou et plus largement de l’Amérique latine.

Regarder les choses pousser doucement me fait beaucoup de bien.

J’ai toujours pensé que ma barbe rousse s’expliquai par mon gout pour la bière irlandaise mais j’ai une autre piste, j’ai dû être bucheron canadien dans une autre vie ! En effet, l’apprentissage du swing avec Sebo (fils du proprio vivant près de la ferme)  pour « choper » convenablement des morceaux de bois monstrueux…c’est le pied !

Larry , Ann et Sebo sont à l’image des habitants de cette iles d’une gentillesse incroyable, d’une amabilité contagieuse .

 

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Apres 3 semaines, il est temps pour moi d’aller découvrir Horny Island.

 

Self-Fish

Lors de la traversée ( qui dure 10 min ) le ferry stop les moteurs et met à l’eau un bateau de sauvetage pour aller porter secours à un couple dont le zodiak avait chavirer a plusieurs centaines de mètres.

La foule de curieux touristes dans leur voiture s’est donc précipité de sortir et rejoindre les quelques piétons avec moi à l’avant du bateau.

J’ai vu une rangée de smartphone et autre I-phone se soulever dans les airs …

 Seriously ?

 

Ready to Hornby

 

 

Si un jeune touriste vous parle de cette ile vous entendrez les mots : hippies, weed, mushroom, big rave et fire on the nude beach. And no police.

Je ne crois pas au terme terme « hippies ». Mais si il est parfois difficile de trouver l’héritage des 70’s sur la West coast, sur cette ile vous y trouverez quelque chose qui s’en rapproche.

Une fois que les locaux avaient compris que je n’étais pas là pour me joindre à la meute d’étudiant en manque de sensation forte. J’ai pu petit à petit découvrir une communauté tout à fait intéressante.

Il y aura beaucoup de choses à écrire sur ce le sujet et pour l’instant le blog me limite.

Fierté de l’habitant de Hornby, vous trouverez le recycling center au centre de l’ile. Il y a été installe un Free-Store, ouvert 24h/24. Chacun peut y déposer ou prendre ce qui lui plait. Le bâtiment est énorme et rempli pour une ile de cette taille.

Une radio-asso, une kitchen auquel je participerai, distribuant des repas gratuit à qui le demande, trois fois par semaine (ainsi que de la nourriture gratuite à emporter).

Comme sur Denman, les gens prennent le temps de se parler, d’apprécier la simplicité d’une conversation, sans filtre, sans masque.

Sur l’ile le service de transport en commun c’est le pouce. Vous serez pris à tous les coups, toujours. Pouvez-vous imaginez cela ?

Dès le premier jour, après 5 min passe devant la coop, Rory m’invite. Lui et sa copine, Kelly, louent une petite maisonnette sur une propriété où est bâtie une maison bien plus imposante. Ils ont concluent un deal avec le proprio, s’occuper un peu du jardin lorsque le proprio ne sont pas la …c’est à dire la majeur partie de l’année ! Principal problème sur l’ile, le prix des terrains et du logement… On en reparlera !

A peine la conversation entamée avec Rory je comprends que la rue m’a poursuivis jusqu’ici. Orphelin a 6 ans, il avait 15 ans lorsque son beau-père l’a mis dehors… je ne développerai pas sur la vie qu’il a pu mener dans la rue.

A travers le témoignage de sa vie, de ses souvenirs de Vancouver, je revois tous ces jeunes croise en chemin qui ne trouveront pas leur ile pour s’y refugier et bâtir une nouvelle vie, un nouveau départ.

A Hornby, beaucoup sont ici car ils ont décidé de fuir la ville ou plus radicalement la société occidentale.

Ex-drug addict ou tout simplement victime d’un système pervers et cruel, ils trouvent en Hornby un monde plus sain et plus simple.

Certains vivent dans les bois, totalement en marge, en ermite.

 

 

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J’y ai trouvé un petit morceau d’étoile.

 

Dans la chaleur de la nuit, la flamme du poêle se reflète et danse sur son corps brillant. Sa caresse naïve, presque insolente, réveille la douleur d’une cicatrice colombienne trop longtemps ignorée…

 

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Back on the Road

 Il y aurait tellement à écrire sur ces deux iles, ces deux communautés. 

A la mi-juin, deux mois après mon arrivée, je décide de repartir avec pour objectif de prendre un avion vers la France à Calgary. 

J’ai la potatoe. La papa. La patate !

Sur le ferry pour Buckley Bay j’ai des fourmis dans les jambes. Je saute sur place, quelques pas de dance assez singulier et les gens me regardent étrangement. Je déborde d’énergie, j’ai une envie folle de grosse montagnes et de petits feux de bois.

Une fois débarqué, je lance Tornado au triple galop vers Nanaimo, le terminal pour Vancouver.

A 22h je suis tout proche du liongate, le pont donnant accès a Stanley Park. Hors de question évidemment d’y retourner, je décide de passer la nuit sur le bord de l’Ambleside Park.

Le matin je suis réveillé par un employé communal qui tentait de glisser un billet de 20 dollars dans ma petite sacoche de guidon (toujours à portée de main). Les plus pieux ou les plus mystiques d’entre vous y verront un signe…J’y ai vu Hot coffee and Pancakes.

 

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Très rapidement je revois Inti, occupe par des affaires de famille.

 

Par hasard je croise un couple de mexicain venu tente leur chance au Canada. Originaire de Tijuana, nous partageons souvenirs et tequila pour fêter cela … Mais je réussi l’exploit de me tromper trois fois en composant mon code de carte bancaire. LOOOOSER

 

Je passe une dernière nuit dans la maison d’Yvon et Valérie.

 

Ces derniers m’avance généreusement 500 dollars canadiens. Mais je me fais la promesse de ne pas y toucher. Comme un dernier défi.

 

Je sors de la ville en un temps record. J’ai les jambes qui tournent à une vitesse folle. J’ai le gros smile à chaque personne que je peux croisé (je bouffe un paquet de mouches)

 

No money, No problems

 

J’ai roulé depuis Vancouver jusqu’à Calgary (2000 km, en Zigzag) sans argent !

 

Tout ce que j’ai pu apprendre pendant ce voyage, je l’ai mis en pratique simplement et m’a permis de vivre une traversée de la Colombie -britannique vraiment géniale pour achever ce chapitre de mes voyages.

 

Le dumpster-diving constitue la moitié environ de mon alimentation.

 

Le jonglage et parfois même la dance (si si) me permettent de me gagner quelques pièces. Mais mieux encore tout cela soulève des questions déterminantes.

 

Un crane de chèvre sur mon vélo, un drapeau étrange, un ballon, un klaxon funny, des clubs de jonglage, une plume sur la tête…et une épée en bois ! Rangée dans un fourreau en aluminium et fixée dans mon dos par une ceinture de cuir noire, je porte (presque) constamment cette épée ! Complètement con ??  … Pas tant que ça ! Elle me sert avant tout de béquille pour tenir mon destrier et bien pratique pour éloigner le chien (meilleur ami de l’homme, ou pas) un peu trop téméraire.

 

Mais lorsque les gens me pose la question  » pourquoi tu as ce…truc mec ? «. Je leur réponds qu’ils viennent de trouver la réponse eux même. Créer le contact.

 

Le vélo et la barbe suffisaient pendant très longtemps au sud. Et voilà que faisant face à cette peur instinctive qui nous poussent à nous méfier de l’inconnu, évidement bien plus forte dans nos sociétés occidentales, je dois chercher à la briser ou la contourner pour créer l’échange. Ce qui est à la fois extrêmement enrichissant et très triste… mais nous en reparlerons les loulous !

 

J’ai grimpe le Coquihalla summit comme dingue sous un orage terrible et cerise sur le gâteau je me permets une petite course poursuite avec un inconnu sur son vélo carbone…

 

Entre Vancouver et Hope, je sème des petites graines de haricot sur des endroits publics en tout genre (rond points, parterre etc…) pour le fun !

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A Kamloops je suis invite par Danilo et Jewel (fait du hasard elle est originaire de Hornby Island ! Strange things of life). Nous passons une belle soirée à parler itinérance, voyage et liberté…

Suivant leur conseils je me dirige ensuite vers Nelson, selon eux suite logique d’un passage à Hornby.

La route est magnifique. Rouler et camper en Colombie-Britannique c’est un vrai bonheur, le temps est parfait, je me baigne presque chaque jour dans les lacs et les rivières et fais un feu presque chaque soir.

 

 

 

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Sur la route je croise beaucoup de Québécois, des « pickers » pour la plupart. Pour eux venir l’été en B-C ramasser des fruits est un classic.

Une fois à Nelson,  je prends le temps de découvrir les différents personnages urbain qui animent cette ville. Apres deux nuits dans un parc, je trouve le spot idéal, connu des plus habitue, une plage a un kilomètre du centre-ville où les voyageurs s’y retrouvent pour camper. J’y reste plus de deux semaines.

Je fais la connaissance de Verina, une autrichienne de passage ainsi que Max Hawk, un artiste au grand cœur avec qui nous partageront beaucoup.

Dès les premiers jours je rencontre Joaquin, un chilien de 19 ans venu conquérir le cœur des canadiennes ! Avec quelques autres québécois nous formons une belle équipe de bum, se réunissant chaque soir autour d’un feu, accueillant les nouveaux venus.

 

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Puis il est temps pour moi de partir. J’ai eu quelques difficulte a acheter mon billet d’avion pour la France, en effet il semble inconcevable pour le monde bancaire de vivre sans telephone BREF je ne prefere pas evoquer la teneur des peripethie auquel j’ai fais face sur le blog , tout cela risqueraient de me faire ecrire des obscénités.

 

Nolwenn et Adrien ( quel homme ce Doudou ) m’aident a achever la transaction et je me remet en selle en route vers Calgary !

 

Traverser le kootenay park et le bow valley park , difficile de faire mieux comme programme de fin de voyage…

 

A Cranbrook je decide de tester l’auto-stop pour etre sur d’arriver dans les temps a Calgary. Je suis pris par Dean, qui m’invite a camper chez lui a Invermere ! Super soiree barbecue et projet de vies , le tout sur fond d’accent australien , auquel je suis habitue maintenant ( Les australiens c’est comme les bretons , il y en partout ! )

 

Et me voila face a mes dernieres montagnes , dans des parcs nationaux tres proteges absolument grandiose.

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El lobo

Je rince ma petite casserole dans une rivière lorsque je l’aperçois sur la berge opposée. Il est assis, parfaitement immobile. Le courant est très rapide et le lit est large. Il ne traversera pas.

Ses yeux me fixent-ils ? Est-ce la tente derrière ? Le maigre reste de macaronis qui s’échappent dans le courant de la rivière ?

Pendant un moment j’ai envie de croire qu’il me regarde. Porteur d’un message. Ne rentre pas, viens dans la montagne, loin de tout. Tu apprendras comme tu as appris sur le chemin. Pendant un moment je me vois hurlant. Le foret. C’est possible. Devant moi. Fuir.

Il part, silencieux. Je ne traverserais pas.

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J’arrive à Calgary le 28 pour un avion le 29. Ces deux dernières journées sont une excellente illustration de la confiance que je place dans la Route.

Je débarque sans argent, sans contact, sans aucune préparation. Sale, fatigue et l’esprit sur une autre planète. Et c’est lorsque je me mets à la rechercher d’un magasin de vélo pour y trouver une boite en carton pour y transporter Tornado que je croise David qui rentre du boulot sur son vélo électrique.

Une rencontre toute bête et voilà comment je me retrouve devant l’aéroport le lendemain, repose et le ventre plein ,confiant , propre, le vélo emballe avec soin et les sacoches prêtes a embarquées.

David et sa femme ont été d’une grande aide et ce fus un sentiment très puissant de pouvoir quitter le Canada sur cette dernière rencontre.

 

 

Aux défis de l’impossible.

A deux désert si distants.

A la lumière qui les sépare.

Aux gemmes incertaines de l’abîme.

A la vérité d’une approche éperdue.

A la mediation du fer.

A l’inacceptable. A la reconnaissance.

A l’échange. A la réparation.

A la migration ensemble.

Au commun accès.

A toi. A moi.

 

Toast en réponse, André Fernaud

 

Le futur qui se réduit.

Une notion difficile a imaginée pour nous, sédentaires occidentaux. Nous prévoyons, nous nous projetons dans l’avenir en vue d’un anniversaire, d’une réunion de travail, d’une sortie entre amis, d’un concert de musique ou d’un tournoi de curling…etc.

Mais comme il est bon de se réveiller sans même savoir où l’on pourra s’endormir le soir , sans même savoir de quoi sera fait le repas du midi… l’avenir se réduit très vite , a quelques mois , puis quelques semaines, puis quelques jours…demain ?

Ce n’est pas seulement une conséquence de ce mode de vie mais aussi une clé.

Clé qui permet de réaliser de très grandes distances.

Il est encore trop tôt pour dresser quelques bilan que ce soit sur ce que je viens de vivre.

A quel moment le défi a-t ‘il laissé la place à la philosophie de vie  ?

Je ne sais pas combien de kilomètres j’ai parcourus au total. Je ne m’en fiche pas au contraire mais disons que l’essentiel est ailleurs, selon moi.

Apprentissage de tous les instants

De soi-même, de ses limites physiques et mentales. De tout l’aspect « technique » que constitue ce genre d’aventure (Vélo, camping, débrouille etc…) Apprendre à vivre seul et  apprendre à vivre avec les autres. Apprendre de la différence et/ou des similitudes…

 

Communication/ Echange

Un point qui me tient à cœur. Et pour cela je dois remercier les USA. Mon expérience a pu surprendre certains d’entre vous mais sachez que plus les jours passent plus j’y vois clair et j’ai hâte de regrouper mes écrits à ce sujet et vous les faire partager. Et hâte de connaitre vos opinions.

Lorsque j’ai quitté Vancouver pour rejoindre les iles. Je n’avais pas conscience de l’importance de l’expérience que je venais de connaitre parmi les sdf. Tant dans la digestion de l’Amérique latine que dans ma recherche intérieure.

Je me souviens d’une conversation lointaine avec Gautier. Attablés sur une terrasse rennaise nous échangions à propos de voyages, de nos doutes et nos rêves. Il me présentait son projet de tour du monde et moi de remontée des Amériques. Il soutenait qu’alterner itinérance et sédentarisation en Bretagne serait difficile. Et que pour cela il partirait pour une durée plus ou moins déterminée entre trois et cinq ans. Je comprends aujourd’hui ce qu’il voulait dire. Récemment, j’ai également rencontré Yoann, grand voyageur à vélo à travers le monde. Après deux ans en « solo » en Asie, il a connu un retour en France très douloureux. D’une manière générale les voyageurs au long cours croisés sur ma route m’ont avertis, ce n’est pas sans risque.

J’ai entendu les mots : dépression, prise de poids, solitude…etc.. ça donne envie les cocos !

Mais j’ai aussi entendu les conseils. La littérature peut m’aider.Conscient de n’avoir aucune base sérieuse dans ce domaine j’espère pouvoir m’y plonger. Mais pas uniquement, poursuivre l’apprentissage d’habiletés manuelle est un autre objectif.

Lettre de retour d’une voyageuse au long cours

GRACIAS !

 

J’ai écouté des histoires de voyages comme un enfant regarde le marchand de glace. Tellement de saveurs possibles, tellement de choix…

Mais l’heure n’est pas à parler de l’avenir. Demain n’existe pas encore.

Si je ne devais écrire qu’un seul mot ce serais MERCI.

Si l’on imagine une route courant entre Ushuaia et Calgary absolument vide de population, trente mille kilomètres d’asphalte. Jamais je n’aurais pu réaliser cela seul. Jamais.

Sur la route je n’ai pas reçu uniquement de la nourriture et des abris mais une force immense. Alors ma première pensée est une reconnaissance éternelle pour tous ces gens où qu’ils soient.

J’ai souvent entendu le mot « inspiration » à propos de ce que j’étais en train de réaliser. Et cela me touche toujours, off course. Mais vous êtes tous pour moi une source d’inspiration, qui que vous soyez (oui oui même toi Donald Trump !).

Jamais je n’aurai pu imaginer que ce voyage serait avant tout si « personnel » et que voyager avec Tornado aurait un tel impact sur mon petit nombril.

Jamais je n’aurai imaginé atteindre un tel niveau de confiance en la route.

J’ignore combien de temps je vais pouvoir garder Tornado à l’écurie, nerveux le canasson !

Mais je crois que vous l’avez compris….the game has just begun .

 

« O where are you going? » said reader to rider,
« That valley is fatal when furnaces burn,
Yonder’s the midden whose odors will madden,
That gap is the grave where the tall return. »

« O do you imagine, » said fearer to farer,
« That dusk will delay on your path to the pass,
Your diligent looking discover the lacking
Your footsteps feel from granite to grass? »

« O what was that bird, » said horror to hearer,
« Did you see that shape in the twisted trees?
Behind you swiftly the figure comes softly,
The spot on your skin is a shocking disease? »

« Out of this house » ‚ said rider to reader,
« Yours never will » ‚ said farer to fearer,
« They’re looking for you » ‚ said hearer to horror,
As he left them there, as he left them there.

Wystan Hugh Auden

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Ultimas palabras. Cocaina . Tortillas

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Feliz  año nuevo a ti …… ( tienes que escribir tu nombre )

Unas palabras para ti, hermano o hermana de latina america .

Nada comparado con lo que me has traído.
14 meses en el mundo  » latino  » .

Sé que despues el Nicaragua pedaleaba demasiado rápido ! Pero si me conoces , sabes que era mi decisión y la razón es muy linda y se llama Paola !

Muchos nunca va a leer estas palabras. . Para algunos la idea de Internet es  simplemente ajena ( difusa ?).

Creo que he aprendido más de un idioma a tu lado . Con gran humildad y reconocimientos quiero dijite gracias.

Hoy estoy en un otro mundo. Pero mañana ?
Te lo prometo, volveré . Especialmente a mi hermano o mi hermana de mexico . Volveré.

Fue un honor de cruzar en tu vida .

Una vez más gracias por la fuerza que me has dado y me empuja cada día más en el camino.

Gracias !

Nuestra lucha es por hacernos escuchar, y el mal gobierno grita soberbia y tapa con cañones sus oídos.

Nuestra lucha es por el hambre, y el mal gobierno regala plomo y papel a los estómagos de nuestros hijos.

Nuestra lucha es por un techo digno, y el mal gobierno destruye nuestra casa y nuestra historia.

Nuestra lucha es por el saber, y el mal gobierno reparte ignorancia y desprecio.

Nuestra lucha es por la tierra, y el mal gobierno ofrece cementerios.

Nuestra lucha es por un trabajo justo y digno, y el mal gobierno compra y vende cuerpos y vergenzas.

Nuestra lucha es por la vida, y el mal gobierno oferta muerte como futuro.

Nuestra lucha es por el respeto a nuestro derecho a gobernar y gobernarnos, y el mal gobierno impone a los más la ley de los menos.

Nuestra lucha es por la libertad para el pensamiento y el caminar, y el mal gobierno pone cárceles y tumbas.

Nuestra lucha es por la justicia, y el mal gobierno se llena de criminales y asesinos.

Nuestra lucha es por la historia, y el mal gobierno propone olvido.

Nuestra lucha es por la Patria, y el mal gobierno sueña con la bandera y la lengua extranjeras.

Nuestra lucha es por la paz, y el mal gobierno anuncia guerra y destrucción.

Techo, tierra, trabajo, pan, salud, educación, independencia, democracia, libertad, justicia y paz. Estas fueron nuestras banderas en la madrugada de 1994. Estas fueron nuestras demandas en la larga noche de los 500 años. Estas son, hoy, nuestras exigencias.

Emiliano Zapata.

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Bonne année à toi ……… !  ( inscris ton prénom sur les pointillés )

Quelques petits mots en espagnol pour commencer oui… je ne te traduit pas l’intégralité puisqu’ils ne te sont pas destinés .
Je me trouve a LOS ANGELES , j’ai traversé la frontière à Tijuana le 4 janvier et quitté le monde latino…

https://m.youtube.com/watch?v=cGbvhb_3Ujo

Bon la tu te dit  » attend il était au Nicaragua en novembre… et la au U.S ! Il s’est dopé ?? A décidé de troquer son velo pour une moto ?? De se faire tatoué  » mummy for ever  » sur le biceps ? Ne reconnait plus personne en Harley Davidson ? … »
Non non rien de tout cela ! Quoique pour le tatouage j’hésite encore .

Et comme tu a été sage  en 2015 je te raconte ces deux derniers mois , avec plein  d’anecdotes croustillantes pour une fois.

Allez ! Enfile ton cuissard moulant , ta barbe et grimpe sur ta bécane ! Quel style . Quel charisme.

PRODESSA ! Voilà où j’avais posé le tornado en novembre .
Je suis longtemps resté devant ma page blanche  avant de trouver les mots pour écrire sur ces moments… je pourrais rédiger des centaines de lignes et ce ne serai pas suffisant.
Pour bien comprendre le rôle de l’ONG tout d’abord je vous invite a surfer sur leur site :
http://prodessanicaragua.org/

Les missions réalisés par l’équipe sont vraiment très diverses. Qu’il soit d’ordre social , technique ou agricole chaque problème auquel peut faire face une des nombreuse communauté rurale vivant en marge de la ville doit être identifier et cerné par l’ensemble des acteurs concernés au moyens de réunions , de cercles de discussion où l’avis de chacun est respecté et écouté. Et une solution a ce problème doit être trouver de manière tout aussi participative .
Le principale rôle de PRODESSA est donc d’apporter les outils nécessaire a la bonne marche de ce processus. De A à Z.

Un des bureaux est situé à Matagalpa, l’équipe est composé d’une quinzaine de membres.
Dire que j’ai été accueillis comme un roi serai un doux euphémisme… chaque jour je n’avais qu’a posé un orteil dans le bâtiment pour recevoir une tasse de café accompagné de petits gâteaux et de grand sourires !
J’étais logé dans une collocation où vivent les jeunes techniciens qui interviennent sur le terrain. J’ai eu donc l’occasion à plusieurs reprises de les accompagner ! …en motocross !
A l’arrière hein je précise ! Mais même cramponné sur la machine…moi sur une moto c’est un peu comme si un unijambiste s’essayait au moonwalk , pas franchement compatible quoi.
Une fois sortie de la ville pour accéder au hameau dissimulés dans les petites montagnes aux alentours il faut emprunter des chemins de terre boueux et rocailleux , avec des pentes à faire palir Sébastien loeb lui même.
Éric , un des jeunes de l’équipe avec qui j’ai passé beaucoup de temps, m’annonce alors que je serrais les fesses de tout mes forces pour rester a peu près en place sur le siège ( minuscule) de la moto  » tu a de la chance ! Il y a quelques années c’était pire le chemin !  »
 » ah ! Cool !  »

Dans ces lieux j’ai retrouvé des situations très similaire avec la Bolivie et le Pérou , c’est a dire des familles qui vivent avec rien. Ou quasiment rien.
La grosse différence avec ce que j’avais pu rencontré vient du paysage , en effet au premier coup d’œil je n’arrive pas à repérer les maison et les petites fermes dans la végétation. Éric me disait :  » ici c’est une communauté de 5 familles !  » Moi je voyais un flanc de colline avec des arbres tropicaux.
Puis au fur et mesure l’œil s’exerce et apprend à distinguer les cultures dans la foret , les  coins des toits de tôle qui brillent au soleil ou les pan de murs en terre qui apparaissent entre les feuilles de palmier.

Dans de telles conditions géographique , il apparaît évident que l’équipe de PRODESSA doit réaliser un travail remarquable pour ne pas isoler telle ou telle famille.
Mais en observant ces gens , ce monde. Je me sens nostalgique d’un temps que je n’ai pas connus en France. Une époque où les mots « entreaide » ,  » solidarité » avait réellement un sens. Ici on se parle entre voisins, on se soutiens mutuellement dans les moments difficiles…chacun sait que la chance tourne très vite et que les problèmes peuvent arriver à n’importe qui.  Quand les personnes se croisent , elles se saluent et très souvent échange quelques mots , le visiteur inconnu sera toujours reçu avec sympathie et inviter a manger…. essayez en France. Vous verrez. Commençons deja par sourire dans le métro , ce sera un bon début.

 » Savoir écouter l’autre » ,  » régler nos problèmes ensemble » ,  » trouver des accords communs » ….  je prend une petite claque quand je réalise la simplicité de ces principes fondamentaux….

Sur le plan personnel c’était aussi un moment fort pour moi puisque atteindre Matagalpa signifiait retrouvé mon oncle, Pierre le frère d’El padre . Des les premiers coup de pédales à Ushuaia j’avais en tête cette pause au Nicaragua.
Depuis tout petit les rares fois où j’ai eu à parler de l’Amérique centrale j’evoquais deux de mes cousins nés au Nicaragua , un pays obscure où mon oncle y avait un travail tout aussi flou ! Pendant longtemps je m’imaginai ce pays comme une grande zone sèche et désertique !

Donc être reçu et avoir passer du temps avec Pierre c’était aussi avoir réponses à de vieilles questions enfouies.
C’était un réel plaisir de converser longuement à propos de la situation du pays. De son évolution sur ces 30 dernières années … je n’aurais jamais pu trouver meilleur guide pour approfondir ma réflexion. Et j’espère ne pas avoir été trop gourmand avec mes questions !

Pendant mon séjour j’ai été interviewer par la télévision , la vieille des femmes participant à un cours « coiffure/esthétique » organisé par l’ONG avaient fait des tresses dans ma barbe ! Grosse classe devant la caméra !
Le reportage a tourné en boucle pendant quelques jours , du coup a chacune de mes petites sortie quotidienne dans la ville , les gens me reconnaissait ! Un soir je sortais d’une épicerie quand un gamin est venu avec son père et sa soeur pour me demander de signer sa photo de classe !
Ça n’a pas été simple de reprendre la route, je suis encore et toujours nul pour les remerciement et les adieux…

J’ai fait ensuite route vers Estelli , où j’ai été reçu chez la famille d’Ariel . Un jeune nicaraguayen voyageant à velo que j’avais rencontré à la Paz en Bolivie. Toujours sur la route lui aussi à ce moment la , où ? A Ushuaia… il allait achever son trip dans les jours qui suivait mon arrivé chez ses parents !
Ils ont été adorable avec moi et c’était la première fois que je découvrais l’autre côté du voyage à velo pour quelqu’un de mon âge suivis par sa famille. C’était très touchant de les voir suivre sur Google Earth le tracé de leur fils.

Au total je suis resté un mois au Nicaragua. Je cherche a me convaincre que j’y reviendrais un jour . Je pense que oui, je l’espère.

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Pourquoi n’y suis je pas resté plus longtemps ? Et pourquoi ai je été aussi rapide ensuite ?
La raison est simple ! Elle est toute mignonne et rend gaga toute ma famille visiblement ! Vous avez compris je ne parle pas d’une de mes soeurs ma bien de Paola.( j’ai dit qu’elle était mignonne).

En effet , lorsque j’ai poser le pneu au Panama. Nolwenn et Adrien m’ont demander une date et un lieu de rendez vous pour passer des petites vacances et faire la connaissance de ce petit morceau d’eux même !

C’était bien trop compliqué de savoir où je pourrais bien être en janvier donc j’ai annoncé Los Angeles ! J’avais dans l’idée de naviguer le long de la cote mexicaine en bateau stop comme Gauthier le vagabond l’a fait en Palestine . Mais ce genre de plan ne se peut pas se préparer à l’avance donc cela restait très incertain.  Leur avion arrive le 11 janvier à L.A.

Je suis entré au Honduras le 30 novembre donc évidement le timing était vraiment très court . Foncer tête baissée n’a jamais été mon style et mon état d’esprit mais ce serai malhonnête de ma part de nier que je me suis pris au  » jeu »   de réaliser de grandes étapes à travers le Honduras, le Salvador et le Guatemala . Après tellement de temps passer sur le velo , il y a une part de moi même qui avait de s’exprimer , un côté un peu competiteur . Savoir jusqu’où je pouvais pousser mon corps en enchainement de grandes distances dans de tels conditions.
Mais finalement ça ne m’a pas empêché de continuer a vivre mes petites aventures quotidiennes !
J’ai été presque tout les soirs aidé pour dormir ! Que ce soit par des particuliers me prêtant un toit ou un bout de terrain, par les poste de contrôle militaire ( nombreux sur la route) ou par les pompiers ! J’ai une longue histoire d’amour avec les pompiers !

A propos , au Salvador un soir je trouve refuge dans une caserne. Après une heure ou deux je suis rejoint par un autre voyageur à velo, un italien roulant vers le sud.
Étant dans le pays depuis plus longtemps que moi , il m’embarque dans une « pupuseria ». Un petit restau arrangé dans un hangar en pleine ville où des dizaine de gens sont attablés. L’ambiance est familiale et les gens ravi de nous voir arriver pour se régaler de pupusa ! C’est LA spécialité du pays. Une sorte de grosse galette grillé garnie de toute sorte de choses. Difficile a décrire mais j’en suis tombé amoureux. Pas de l’italien hein. Des pupusas !

J’ai appris plus tard que les cyclo-voyageur appelaient ce pays  » le four ».
C’est mérité. En journée la température monte à 40° …. et la nuit elle ne descend pas tellement. L’humidité est un réel problème pour dormir , impossible dans la tente mais impossible en dehors du fait des moustiques ! ( l’Éternel combat).
Outre le fait de réaliser une centaine de km chaque jours , je me livre a des petites « expériences » sur la route. Par exemple je m’amuse a ne pas manger le matin. Faire 20, 30, 40 km juste avec de l’eau. Mon record est a 50 ! ( ne cherche surtout pas à comprendre ).
J’ai perdu beaucoup de poids depuis un an, spécifiquement sur ces deux derniers mois. Je n’aime pas tellement cela… je sens le haut de mon corps beaucoup moins fort qu’auparavant. Mais d’un autre coté je ne crache pas dans la soupe non plus ! Le velo pèse 55 kilos , donc tout poid en moins en parfois le bienvenue ! Si je me rase la barbe j’imagine perdre deux kilos !

Pour mon dernier jour au Salvador, j’attein un village proche de la frontière après une étape d’environ 100 bornes très éprouvante . N’ayant pas la possibilité de passer la frontière le soir même je décide de chercher une caserne de pompiers. Un garagiste me dit qu’il n’y en a pas ! Bon la police ? Non pas possible ici ! On me dit de m’adresser à la mairie…je n’y croyais pas trop. Et j’avais tout faux ! L’adjoint au maire était aux anges de me voir et à ordonner de me payer une nuit à l’hôtel en face , avec salle de bains privé et télévision. Il voulait même me louer un DVD pour que je passe la soirée ! J’ai réussi à en échapper. Mais la chambre était tout simplement parfaite avec air conditionné , j’en revenais pas !

Je me sentais très gène devant toute cette gentillesse, j’ai soupçonné le maire de faire bonne figure en vue des prochaines élections. Mais j’ai vite mis de coté mes scrupules devant mon assiette de pupusa proposé à l’hôtel. La trahison sociale a du bon parfois !

Au Guatemala j’ai gardé le même rythme de fusée arianne. J’ai  » juste » retrouvé les montagnes pour un petit crochet par le lac attitlan . Grandiose.
J’ai trouvé dur le fait d’être si rapide encore une fois , d’autant que beaucoup m’avait conseillé de prendre le temps au Guatemala . De retrouver un pays avec une culture ancestrale encore très marquée et visible, comme le pouvait être le Pérou ou la Bolivie .

Mais je ne vis plus avec des regrets depuis longtemps , j’assume pleinement mon choix. Comme au Salvador , j’y ai passé de très bon moments. En fait à ce moment la une autre idée de voyage me vient à l’esprit , une descente de toute la côte atlantique américaine pour atteindre le Brésil. Mais pardon, je m’égare !

J’ai aussi été beaucoup aidé au Guatemala et parfois via le réseau warmshowers . Beaucoup de belles rencontre…
J’ai le souvenirs d’un soir où je me retrouve autour d’une table ces gens qui me loge pour une nuit ainsi que quelque uns de leur amis…En echange de quelques bieres et parts de pizza je leur raconte mes petites histoire de routard… comme d’habitude la fatigue me gagne et je met mon service  » traducteur » sur pause dans ma tête . Je décroche de la situation et je réalise que tout les liens que j’ai pu construire depuis Ushuaia sont si minces…ils sont tellement nombreux mais si faible. Une partie d’entre eux seront entretenus par facebook mais à quoi bon ? Je ne suis pas naïf je sais bien que dans 5 ans je ne regarderais pas l’actualité ou les photos d’un ami argentin ou autre …
Ce genre de relations est vraiment quelque chose d’étrange. Non seulement j’y suis habitué mais je crois aimer cela. Une forme de protection j’imagine.

Quelque chose que j’ai vraiment apprécier avant de quitter le pays, c’est le récit de ce qu’il s’est passé en mai dernier ! Le peuple tout entier s’est soulevé pour mettre fin à la présidence de Otto Pérez et le mettre en prison ainsi que sa vice présidente Roxana Baldeti. La raison ? Je vous le donne émile : détournement de fond et corruption.
C’est un fait tout à fait historique et inedit. Un tel mouvement pour renverser le pouvoir en place à nécessiter une union d’une grande majorité de la population , toute catégorie sociale confondus. La preuve est que l’homme qui m’a parler de tout cela fait partie des plus aisé, de loin. Mais il était pourtant dans la rue avec les autres pour crier justice.

A bon entendeur en France….

Pour mon dernier jour au Guatemala j’ai connu un véritable ascenseur émotionnel.
Tout proche de la frontière , j’ai été doublé par un jeune en moto. Un journaliste local qui voulais absolument faire un reportage , il sort une caméra et un micro de son sac à dos !
Donc re-bellote , cette fois avec une station essence en image de fond ! Les questions sont assez basiques mais il est vraiment sympa et ravi d’avoir ces images à ramener au boulot.
Donc c’est avec le sourire que je réalisé une journée a 140 km pour atteindre le Mexique.

Mais à la frontière c’est le drame…ils refusent de me laisser entrer avec le crane de chèvre fixé sur l’avant de mon vélo.

Ce crane a une histoire. C’était lors de la traversé de l’ile Puna en équateur avec John. Ce crane c’est le souvenir d’une expérience vraiment marquante puisque d’après une femme, une des personnalités en charge de la population sur l’île, nous serions les premiers cyclo-voyageurs à avoir traversé. Bon en y repensant ça parait peu probable quand même mais le regard des gens et des enfants que nous avons croisé en dit long sur la rareté de la chose…

Donc cela m’a fait beaucoup de mal de la laisser entre les mains de ce gros douanier moustachu qui n’a sûrement pas vu ses orteils depuis les années 80. ( je suis méchant, mais merde. Je m’excuse. Merde)

C’est étrange de s’attacher à un morceau de squelette de chèvre ! Mais je me suis senti triste sur le coup. Promis j’en trouverai un autre. Un cerf avec des cornes énormes.

C’était le 11 decembre. J’ai du abandonner le projet de bateau stop , le Mexique est un pays ENORME. Je n’avais pas réaliser…

J’ai donc pris un bus de Tapachula jusqu’à Culiacan . En gros deux tiers du pays.

Lorsque l’on se promène sur le site officiel diplomatique du gouvernement français , ce que l’on peut y lire à propos des regions Sinaloa et Sonora est vraiment effrayant. Je ne parle pas de ce que l’on peut trouver sur wikipedia ou google…

90% des cyclo-voyageurs font le choix de passer par la basse californie pour rallier la cote pacifique au USA.
J’ai donc décider d’aller voir par moi même ces régions si hostiles et pleines de narcotrafiquants !
Non bien sur il ne faut pas prendre la situation à la légère et je suis depuis longtemps au fait du narcotraffic , je vous avais prévu un article spécial sur le sujet, je doute qu’il voit le jour ! Qui sait !
Donc j’étais parfaitement calé sur le sujet.

Mais évidemment je n’ai fais que de belles rencontres , des gens vraiment adorables. Ce qu’il ne faut pas oublier c’est que pour les narco et les agresseurs potentiels il est bien plus risqué de s’en prendre à un européen comme moi à velo plutôt qu’a un touriste local.
Les chiffres et statistiques sont bien la mais il s’agit surtout de règlement de comptes.

J’ai eu souvent droit à des remarques du genre :  » a tu vas vers cette ville ? Tiens un cousin a moi s’est fait tué il y a deux mois … »

 » ils ont depouillé un couple a 50km la semaine dernière !  »

J’ai campé presque chaque soir sans aucun problèmes. Le reste du temps j’ai été hébergé.
Un jour en fin d’après midi j’étais depuis des heures sur une ligne droite interminable pleine de voiture et de camions. Je me suis fait  » piégé » par la nuit, sans nourriture. Le prochain village n’étais si loin mais le trafic très démoralisant et dangereux puisque sur cette trame la voie opposé était en travaux. J’étais au milieu de nul part, mais par chance à cet endroit était entreposé les machines utilisées pour ces fameux travaux.
Et plutôt que de laisser les appareils seuls la nuits, le gouvernement paye un « gardien » pour surveiller.
Il me faisait de grands signes pour me dire de venir le rejoindre ! C’était vraiment un moment agréable, assis tout les deux sur les chenilles d’un engin enorme à regarder une montagne au loin passer d’une couleur à une autre au fur et à mesure que le soleil déclinait. Il a partager avec moi café, tortillas, purée de haricot et souvenirs de cowboy. Eh oui ! J’étais en compagnie d’un réel cowboy mexicain ! Il avait les yeux qui brillaient lorsqu’il a voulu me décrire la manière d’attraper un veau au lassau…
Mais apres toutes ces années ( il est grand pere ) le voilà rendu à garder des tracteurs. Il m’a dit avec humour  » faut bien nourrir la famille ! Au moins ces bêtes risquent pas de s’enfuir trop loin toute seules !  »
A cette époque de l’année il fait froid la nuit. Très froid selon eux. Mais pour dormir il n’avait rien mis a part des couvertures et des grandes  » buses » de béton. ( des gros cylindre d’un mètre de diamètre , long de six mètres, en attente d’être utilisé pour évacuer l’eau).
L’État ne lui accorde pas le droit de se faire un feux pour ne pas attirer les rôdeurs.

Et la route me porte plus loin…le 21 (?) à Ciudad Obregon ! Via le site warmshower je rencontre la famille Lesca Portillo ! Ils ont longtemps vécu en Belgique ( Damien , le papa, est français) et sont venu s’installer vivre dans le pays de son épouse avec leur deux enfants.
J’y suis arrivé dans un état de fatigue très élevé. Je m’aperçois que le genou droit recommence a faiblir. Tout ces kilomètres avalés si vite m’ont usé mentalement également. J’accuse un  grand retard de sommeil.
Cette pause est tout simplement parfaite, Damien et moi partageons pas mal de point communs c’est donc un réel plaisir de parler ( en français !) avec lui. Évidemment qui dit Belgique , dit bande dessiné ! Je me suis régalé !

Je n’avais pas oublier que le 24/25 c’est noël , mais à les observer je retrouve cette ambiance particulière. Les enfants me ramène si loin en arrière dans mes souvenirs des vacances d’hiver à la maison…

J’y reste deux nuits puis je reprend la route ! Si jamais vous passez dans le coin, surtout ne ratez pas cette famille au grand coeur ! Un grand grand merci à toute la famille , grand parents y compris !

J’atteind Hermosillo le 24 pour faire en sorte d’avoir un accès internet pour contacter la familia attablés autour d’un repas inédit ! Ceux qui connaissent la maison savent de quoi je veux parler… un repas inédit, audacieux et parfois risqué ! ( je m’en sors bien j’ai éviter le poisson apparemment . Du poisson. A noël. Dans quel monde vit-on ?….)

Donc content d’avoir pu les avoir , mais absolument A BOUT de la route. En fait depuis des jours et des jours ce n’est plus que de  » l’autoroute » . Avec des grandes portions en travaux.
Le trafic y est très intense puisque d’une part beaucoup de mexicain vivant au USA rentre pour les fêtes et d’autre part beaucoup de gens vont faire leur achat aux USA . Il est plus rentable de faire 1000 km en voiture aller et retour pour acheter son frigo que de le faire au coin de la rue…!
J’en ai assez donc je tente le stop. À trois reprises à trois endroit différents , échec total.
Je m’aperçois que concernant la vision que les gens me portent, le Mexique agit comme une sorte « d’intermédiaire » vers le monde des USA.
Sans vouloir généralisé, je commence doucement à rentrer dans la peau du « vagabond à éviter » plutôt que dans celle du  » riche gringo en vacances ». Yoann se souviendra de certains comportements de la part de locaux en Europe…
Honnêtement je m’y suis sens plutôt bien dans ce rôle , du moment que j’en ai le contrôle !

Du coup je reprend un bus , pour 400 km jusqu’à Puerto Penasco ! Et histoire de sortir du Mexique par la grande porte , je part dans la biosphère El Pinacate et le Grand désert d’Altar !

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Le premier jour est terriblement dur . 15 km en 6 heures !! Le vent est … » patagonien ! »
Par pur hasard je tombe sur un bâtiment isolé. Habité par Roberto , le gardien du désert ! Il a pour rôle d’empêcher les chasseurs de faire trop de dégâts… mais sur le moment je ne sais pas lequel de nous deux est le plus content de trouver quelqu’un !
Il en revient pas que je débarque avec mon velo !
Un type en or . Il m’offre deux repas ( dont une pizza !!!) Et la nuit au chaud sur un gros matelas !! Pas malheureux le tito !

Le lendemain le vent est tombé… J’adopte une vitesse d’escargot, tranquille . Un escargot- hippi. Chantant dans les dunes de sables.
Radical pour éloigner les serpents !

Une expérience géniale. Vraiment géniale . La route était libre de tout véhicule , je pense avoir croisé 4 voitures en trois jours. Quel plaisir de ce se retrouver seul ! Enfin !
Si je devais réaliser un top 10 des routes découvertes pendant ce voyage , elle y serait assurément !

Ensuite je suis passé en Basse Californie pour atteindre la dernière montagne du monde latino ! La rumorosa . Depuis culiacan tout le monde me disait « oh tu va monter la rumorosa ! Courage ! Etc… »
Bon…dire que je l’ai grimpée les doigts dans le nez serait prétentieux et techniquement peu réalisable ! Mais c’était quand même assez facile et très agréable .

A Tijuana les choses se précipitent un peu. J’avais prévu de rester un peu sur la côte mais finalement des pluies torrentielles arrivent et sur les conseils d’un couple d’amis qui m’hebergent , je passe la frontière ! En effet il faut trouver le bon moment pour traverser , c’est probablement le poste douaniers le plus emprunté du monde.

Je garde les détails de mon passage pour cette fois mais ça à été sport !

En entrant au USA je ne me sens pas bien. Enfin plutôt mal à aise. Pas à ma place.
J’ai vraiment peur .

Une autre langue. Des codes différents. Une culture différente. Après l’Amérique latine , j’ai l’impression de passer a l’ennemi !

Je me réfugie dans un restau à tacos ! Et je commande mon burritos en espagnol !

Petite parenthèse pour évoquer la cuisine mexicaine….
Un mois au Mexique, c’est court ! Tout le monde m’avait dit que la  » bouffe » dans ce pays était incroyable . Et je dois avouer que c’est de loin le meilleur des pays que j’ai visiter depuis Ushuaia !!
L’Argentine reste numéro en qualité de viande ( ne le dite pas au mexicains) mais pour le reste viva Mexico.
En tant que breton , la tortilla de farine de blé est se qui se rapproche le mieux de la crêpe. Donc après un an d’abstinence… un Regal.
Et tellement de bonne choses a gouter !!
Et puis c’est aussi l’aspect pratique , il est moins cher de manger dans la rue tout les jours que de se cuisiner des plat en petite quantité !
L’ambiance, l’art de manier le couteau , de façonner les tortillas quand elles sont faites mains … aaaah j’en salive en écrivant ça …

Les mexicains en france doivent bien se marrer (ou pleurer) quand ils voient les kit  » old el paso  » jaune et rouge . C’est quasi une insulte à leur cuisine !!

Mais au USA…stop ! Enfin il y a bien des restau mexicain mais les prix n’ont bien sur rien à voir avec les vendeurs ambulants du Mexique… je pense bien en trouver quand même sur la route mais bon… en attendant je m’achète des tortillas au supermarket , en souvenir !

Allez je reviens a mon burrito pour mon premier jour chez l’oncle sam.
Grace a Maud , un contact obtenu grace à Liz, j’ai le contact de Mike . Vous suivez ?? Prenez des notes merde !

Je sors du restau avec l’œil fou , prêt à en decoudre avec ces ricains bouffeur de pancakes ! Je m’engage sur la freeway  » autoroute » a fond les ballons , avec la barbe au vent , la langue pendante et les gouttes de sueurs coulant à l’horizontale ! ( trop rapide le mec)

Après un kilomètre , je sors. Un mec vient me voir :  » relax man , ici il y a des pistes cyclables , c’est fini le Mexique !  »

Des pistes quoi ?  » cyclable  » ?

Aaaaaaaaah oui !!! En effet il y a même une signalisation tout au long de la côte pour nous , les vélos. Un monde étrange je vous dit ! Je reste méfiant prêt a donner des coup de shoes et gueuler une insulte en espagnol ! Huevon !

Bref retenez juste que Mike est un mec génial qui m’offre le toit pour deux jours a San Diego tout prêt de la mer . Je reste deux nuits car il pleut comme vache qui pisse ! Cela faisait des années qu’il n’y avait pas eu autant d’eau ! Le coup de bol quoi .
Mais cette pause me permet de commencer à m’ouvrir aux US …

Le lendemain, je roule donc sur des pistes cyclables ! La pluie arrive en fin de journée avec tempête , orages et inondations. Même le temps est SUPERSIZE ici.

Le soucis c’est que la côte est habité a cet endroit sur 300 km , sans beaucoup d’espace libre pour camper. Par réflexe je m’adresse aux pompiers , ils me renvoi à l’autre bout de la ville. Je comprend en arrivant que c’est un centre d’accueil S.D.F.

Le gérant est un pasteur , qui ne veut pas me laisser repartir ! Je me sens mal à l’aise au début puisque bon ma situation n’a rien a voir avec l’endroit !! Mais finalement l’expérience pour mon quatrième jour sera vraiment forte et touchante .

Le centre distribue des repas a emporter , quelques vêtements … le soir un repas chaud est servi a ceux qui veulent et un lit peut être accordé après un contrôle urinaire de drogues et test  alcool. ( j’y suis passé aussi)
L’endroit fait aussi centre de désintoxication, la majorité des gens avec moi ce soir la y sont inscrits.

Sur ma plage colombienne , un jour un pote m’avait dit en rigolant  » tu suis le chemin de la coke mec !  »

Cultivée et transformée en Bolivie et en Colombie , les cartels colombien et mexicains s’arrangent pour son transport , son passage de frontière et sa revente . Les jeunes assis autour de moi s’occupent de la consommation.

Comme je vous le disais plus haut, j’avais prévu un article sur les narco. Mais je vous renvoi au livre Extra pure : Voyage dans l’économie de la cocaïne de Roberto Saviano.

Allez une petite histoire quand même puisque je sais que peu d’entre vous auront le courage de lire ce pavé.

Le plan  » Colombie » lancé par les USA consistait à soutenir le gouvernement mexicain dans la lutte contre les narco.
Pour faire très simple, une part du plan était de répandre un produit sur les cultures de coca.

Première affaire : les avions et les helico armés pour les protéger, ont coûté aux USA des millions , beaucoup trop selon les experts qui estiment qu’un tel niveau d’équipement est parfaitement inutile et accusent les entreprises d’équipement militaire d’avoir largement profiter de la situation , sans compter les pots de vins versés… les ouvriers americain apprécieront leur feuille d’impots.

Deuxième affaire :
Le produit répandu , fabriqué et vendu par Monsanto , n’a jamais été testé dans de réel conditions. Il s’agit d’un dérivé du fameux round-up , mais bien plus concentré. Il ne contente pas de détruire la coca mais détruit aussi les cultures agricoles autour et contamine l’eau des rivières. Je vous laisse imaginer les effets sur une femme enceinte par exemple. Les agriculteurs colombien apprécieront d’avoir été utilises comme cobaye.

Derniere affaire:
Parmis les fameux engins volants , certains ne sont pas rentrés les soutes vides ! Mais oui, bien chargé de cocaïne…combien sont passé sans être pris ? Mystère.

Voila a quoi je pense lorsque je regarde cette jeune fille à la table en face,  elle a du être très mignonne , elle doit avoir a peu près mon âge, elle tremble lorsqu’elle passe sa main dans ses cheveux blond. Oui elle devait être belle, mais aujourd’hui elle est la sans être la. Ecoute sans ecouter , le pasteur lui promettre que si elle aime jésus , elle remontera la pente.

Intense pour un début au US.

La suite est tellement facile… tout les 10 km puis tout les km , il y a un poste avec toilettes , eau potable , douche , parfois même électricité…  c’est un jeu d’enfant de voyager a velo sur cette partie !
Même une fois a los angeles. Enfin a longbeach plus précisément .
C’est tellement reposant…

Hier j’ai foncé acheter de quoi gonfler le ballon de basket que je traine depuis la bolivie ! 
Parce que oui les USA c’est des parc nationaux magnifiques , des routes sûre pour les vélos , une culture musical énorme…et du basket !

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Je réalise que le basket ne va pas être seulement un moyen de passer le temps mais bien de créer des liens puisque évidemment cela fait forte impressions de débarquer avec le velo sur le terrain , sortir le ballon des sacoches et se mettre a jouer tranquillement… je n’ai jouer que quelques heures depuis hier et j’ai déjà eu droit à une proposition de repas et de ticket pour un match universitaire !
Ce n’est pas rien pour moi, réunir deux passions c’est un sentiment vraiment génial !!

Allez j’en termine la pour cette fois. Je vais aller attendre les trois petits cochons !….euh bretons !

La bise et bonne année !

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L’élégance d’une noix de coco

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Hola !

Les voyageurs à vélos ont l’habitude de poser des auto-collants sur leur cadre, des drapeaux des pays traversés ou bien des stickers personnalisés propre à d’autre voyageurs.

Mon premier autocollant je l’a reçu de deux suisses , alors que j’étais encore accompagné de Maeva au beau milieu de la Patagonie.
Il représentait leur parcours grossièrement dessiné sur une petite carte d’Amérique du sud. Partis de Colombie , ils allaient rallie Ushuaia.

Donc pendant des mois , tête baissé pendant les ascensions. J’avais cet autocollant devant les yeux.
Je m’y suis accroché dans les moments de doutes , le fait d’avoir rencontré ces gars a la fin de leur périple qui dégageait une simplicité déconcertante me motivait vraiment pour avancer.
J’ai un souvenir très net de cette rencontre et je les vois encore a table , dévorant des kilos de viande tout en nous parlant de la Bolivie , du Pérou , de la Colombie etc… ils faisaient t rêver !

Puis peu à peu le temps et la météo ont eu raison de cet auto-collant. Aujourd’hui il ne reste plus rien, il est presque invisible.

Je réalise doucement que l’Amérique du sud est derrière moi.

Des les premiers jours au Costa Rica j’ai rencontré un groupe de voyageurs a vélo , ils allaient eux aussi vers Ushuaia…
J’ai vraiment ressentie un pincement au coeur quand ils me posaient plein de questions sur ce qui les attendait etc… je me suis imaginé faire demi tour et retourner en Bolivie !

Je me suis dit que un an c’était vraiment très court pour découvrir tout ces pays , certains sont deux fois plus rapide que moi pourtant et d’autres plus lent. Mais je crois avoir en moi une envie d’avancer que je ne crois pas pouvoir contrôler , une envie que je laisse me guider sur la route.

Sincèrement l’Amérique du sud va me beaucoup me manquer , j’ai bien conscience de ne pas vous raconter de manière classique mon périple sur le blog , avec plein d’anecdotes etc… mais c’est simplement que pour moi toutes ces aventures sont devenus rapidement mon quotidien.

Les gens me posent très souvent la question : quel est le but de ton voyage ?
Question simple pour une réponse vaste et complexe. Quel est le but d’une vie ? Avons nous forcément un but ? Ou au contraire notre existence ne serait elle pas un enchaînement d’objectifs à atteindre ? Objectifs individuels et collectifs.

Je ne considère plus cette aventure comme un voyage sinon comme une manière de vivre , de mener mon existence.

Apprendre chaque jours à puiser dans la différence les moyens d’entretenir et de renouveler une réflexion sur le monde qui m’entoure.

Une réflexion qui amène une remise en question permanente, des interrogations et des échange avec l’autre.

Je cherche aussi à promouvoir le voyage à vélo, les valeurs qui en découle et l’ouverture d’esprit qu’il provoque. Notamment chez les jeunes, d’où qu’ils soient.

Je n’apprécie pas les regard ou sous-entendu qui voudrait laisser penser que je fais ça parce que j’ai de l’argent , du temps etc…
La seule propriété que j’ai au monde c’est Tornado et ses sacoches. En Bretagne quelques autres vieux vélos , un ordinateur et des vêtements .
Voilà. Rien d’autre.

Le reste ce sont des choix et du travail.

« C’est bien un truc de gringo ça !  »
Deuxième mensonge, j’ai rencontré un sacré paquet de voyageurs de chaque pays d’Amérique du sud et d’Amérique centrale.

J’espère vraiment avoir l’occasion de revenir sur ce continent un jour , en fait j’en suis persuadé.

Mais en attendant …retour en arrière depuis Cali ! En route !

Ne perdez pas la carte des yeux pour cet article , un peu complexe !

Dibujo

Pour passer au Panama depuis la Colombie, il y a deux solutions, par la mer ou par les airs. Le passage par le Darien est impossible, a moins de mener une véritable expédition a pied a travers la jungle puisqu’il n’y a pas de route.

Ou a moins de s’appeler Ian Hibbel !

Hommage a cet homme , pionnier parmi les voyageur a vélos , mort renversé en 2008 sur une autoroute en Grèce…

Longtemps à l’avance j’ai chercher les infos , autant avec les gens sur place que sur internet d’après les récits d’autre voyageurs. Prendre l’avion était hors de question tant pour des raisons écologique que pratiques.
Le passage le plus fréquemment emprunté est celui du nord , par l’Atlantique donc.
En me fiant a un témoignage sur un blog , j’ai décidé de tenter par le pacifique !
Sans prêter attention a la date de publication sur le net…. faute grave.

De Cali , j’ai rejoint Buenaventura en deux jours. Et ça commence plutôt bien puisque sur la route, je croise un homme , ami du proprio des bateaux qui font la traversé jusqu’à Bahia Solano.
Grace a lui je sais exactement où me diriger et avec qui parler.
Le bateau par le lendemain , a 22h.
Il faut vous imaginer un vieux rafiot en bois fumant comme une locomotive et aussi rapide qu’un bigorno.
L’homme responsable du chargement des marchandises sur le bateau tombe avec mon Tornado dans les mains , il le rattrape de justesse avant qu’il ne finisse au fond de l’eau mais la roue arrière se plie nette entre deux poteaux ….
Pour en avoir réparé un certain nombre je sais tout de suite que la jante a de grande chance d’être foutue. Le proprio bafouille quelques excuses et assure qu’il prendra en charge les réparations. Malin le pauvre type , il sait pertinemment que dans le petit village où nous allons il n’y a pas le moindre atelier ou magasin de velo.

Le trajet est un calvaire, je reste focalisé sur ce qu’il vient d’arriver a mon velo. Incapable de prendre du recul.
Nous sommes une dizaine de passagers, ils vivent tous dans des petits village côtiers. Des gens sympathiques qui déjà doutent de mes chances de passer au Panama…
24 h dans ce bateau pourri , nous avons droit a une couchette en bois où la seule position possible est allongé , mais rare sont ceux capable de rester dans la cabine longtemps du fait de la chaleur et de l’humidité. C’est un véritable sauna , fumée de moteur en bonus.

A Bahia Solano , le seul pilote partant pour jaque ( Panama) n’est pas la. Il revient quand ??? Aucune idée. Bon.

Je décide de me rendre directement a Jurado , où parait il, il y aurait des bateau pour Jaque.
Je découvre donc les  » lanchas » .
Tout l’opposé du dernier rafiot. Une coque de 6 mètre en résine , un moteur énorme.
Prenez une 4L et mettez y un moteur de F1 . Et fonçez a travers champs.

Le pilote me fait payer une somme énorme pour deux heure de torture, tout naïf que je suis je me place a l’avant du bateau.

Dans un parc d’attraction il y a toujours le truc au fond , réservé au gros durs qui n’ont pas froid au yeux et qui ont leur dernier repas solidement attaché a leurs intestins. Le genre que Glen aurait fait avec plaisir quoi, sans les mains !

La c’est exactement pareil, la ceinture de sécurité en moins . … sur le coup je me suis dit que le pilote devait être conducteur de bus au Pérou dans une autre vie.

A jurado j’ai encore les genoux qui tremblent quand je suis accueilli par la police. Vérification , contrôle et procédure interminable… alors que je suis toujours en Colombie. Ils ne comprennent pas ce que je vient faire ici et pourquoi je ne suis pas aller par l’autre voie comme tout le monde.

L’ambiance est très particulière , ils sont tous un peu nerveux. Un des policiers me file en douce un petit morceau de papier avec écrit le nom d’un pilote qui pourrait éventuellement aller au Panama… plus ou moins legal…
Je découvre le village , minuscule. Le poids du regard des gens est lourd a supporter. Il faut sans cesse leur faire dire que je comprend quand même leurs remarque ou leur insultes parfois etc… mais la plupart sont vraiment sympathique avec moi !
Le jour même je réalise que la suite va être très compliquée , je n’ai pas assez de liquide pour me permettre d’attendre trop longtemps. Deux ou trois jour max , après il faudra soit que j’avance ( sans savoir combien me coutera le reste du trajet ) soit il faut que je revienne en arrière ( sans savoir si il y a une banque au village de Bahia solano , ni quand sera la prochaine lanchas etc… )

Le flou total.

Je m’installe sur la plage , surveillé 24h/24 par la police. Je me lie donc d’amitié avec certains ainsi qu’avec quelques jeunes du village . Mais tout les jours c’est la même chose , le mystérieux pilote n’est pas la , ou quand il est la il ne sait pas… je ne dois pas trop m’éloigner du poste de police et surtout ne pas sortir du village sinon  » ils vont te tuer  » .

Ce qu’il faut que vous compreniez c’est que depuis Buenaventura , tout les villages côtier n’ont pas d’accès par la route. Toute cette zone est contrôlée par la guérilla.

FARC : Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia

ELN :Ejército de Liberación Nacional

AUC :Autodefensas Unidas de Colombia

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Je passe mes journées sur cette plage à regarder les noix de coco tomber.

Je dois me nourrir seulement avec du pain , et justement ces noix de coco quand je peux emprunter une machette a un policier. Voyant ma situation certains m’apporte un peu de nourriture parfois.

Tout les jours je me lève très tôt et prépare mon vélo , prêt a partir. Et tout les soirs je suis toujours sur ma plage.
J’ai essayer de jongler avec des noix de coco , pas simple.
J’ai les bras et le dos couvert de piqure de moustique et d’insecte en tout genre . Encore maintenant il m’en reste des traces sur le corps.

J’ai commencé a m’intéresser au narcotraffic sérieusement , cela fera l’objet d’un prochain article. Terrifiant.

La situation devient de plus en plus critique.
Les gens m’explique que oui , avant c’était facile pour eux d’aller travailler au Panama , donc il y avait de nombreux bateaux a faire l’aller retour. Mais tout cela est termine , plus de boulot , plus de bateau.

Un petit espoir commence a apparaitre puisqu’une politicienne originaire de ce village vient rendre visite , les policiers me disent que je pourrais peut être aller au Panama avec elle .
Le jour j , je me rend au bureau de l’immigration des l’ouverture où je connait bien le responsable maintenant ….la veille il y a eu un concert en l’honneur de la femme politicienne… Il s’est fait cassé la gueule par des mec aussi soûl que lui… donc bureau fermé.
Pas de tampon sur le passport , pas de sortie. raté.

Dépité je décide de revenir a Bahia solano. Le pilote m’annonce un prix fou … je tente de lui expliquer que je peux le payer plus tard, une fois sur place si il y a une banque. No .

Je suis sauvé par un billet de cent euros au fond de mes sacoches. En effet moi qui n’accepte jamais la moindre aide financière de votre part , j’avais la ferme intention de rendre ce cadeau qui accompagnait une lettre de Mélanie ( Pichard) !
Mais par chance un ami me présente sa tante (ayant un fils a Barcelone) accepte d’échanger. Bien sur a un taux énorme… bref.
Donc elle le sait déjà mais merci a toi Melanie !!

Le retour a Bahia solano est cette fois accompagné par un orage terrible ! Splendide.

Mais heureusement la bas je trouve une banque et un petit hôtel abordable , la douche est appréciée.

J’ai du attendre quelques jours encore là-bas pour enfin reprendre la mer pour Jaque avec une lanchas mais cette fois appartenant a un petit grand père de 80 ans. Très sympa, très tranquille , parfait !

Le village de jaque est lui aussi tout petit et accessible uniquement par la mer. Fouille complète du velo , contrôle etc etc….
J’y reste deux jours sans soucis , la encore les gens y sont accueillant et curieux .
Pour rejoindre la ville de Panama c’est a bord d’un bateau type rafiot bigorno , quasiment le même que le précédent.
22 h en mer . Mais pour être tout a fait honnête, mon état d’esprit est bien plus serein , nous partons en pleine mâtiné je peux donc profiter du paysage toute la journée , la mer est calme et le soleil au rendez vous.

Bon étant donné l’allure du bateau j’ai en le temps d’observer la ville de Panama en arrivant ! Ça m’a fait un sacré choc !!
Je passais des petit villages de pêcheurs où les maisons ne dépassent jamais la hauteur d’un cocotier, à un mur de  » gratte-ciel » . Vision d’horreur.

J’y reste deux nuits , le temps de bricoler comme je pouvais la roue arrière . Les dégâts sont importants , je peux rouler pour l’instant mais sans frein à l’arrière.

Et ENFIN j’ai pu reprendre la route… comme une délivrance ! … pauvre tornado… le sel de mer l’a également fait souffrir.

J’étais tellement content de reprendre le velo que j’ai traverser le Costa Rica a une vitesse folle. J’ai pu être accueilli deux fois via le site Warmshowers.

Que retenir de cette traversée incroyable pour le Panama ?
Sur le moment, j’étais persuadé d’avoir fait une erreur en choisissant cette voie.
Avec du recul, si c’était à refaire , je n’hésiterai pas.
C’était une expérience vraiment forte. J’ai beaucoup appris auprès de ces gens et pour en finir avec l’Amérique du sud c’était parfait.

John me répétait sans cesse cada dia es un otro dia. Chaque jour est un autre jour.

Une philosophie si difficile à appliquer.
Et je suis heureux de m’en approcher enfin, j’espère vraiment pouvoir maintenir cet état d’esprit. Et continuer a progresser encore sur la route.

J’aime toujours ce parallèle entre la lutte menée sur le vélo contre la pluie , le vent et la pente et la bataille personnelle contre ses propres démons. Une bataille qui n’aura ni fin, ni vainqueur .

Un col grimpé jusqu’au sommet , c’est une victoire de plus à son actif.

Et aujourd’hui je peux fêter une belle victoire. Un an . Un continent.

Au Nicaragua je retrouve tout de suite une ambiance qui me plait , d’autant que j’ai été reçu par el tio Pierre ( frère du padre) , a Matagalpa.  Au sein de PRODESSA une ONG de recherche à but non lucratif qui a pour mission de  » contribuer au bien-être des familles nicaraguayennes et de promouvoir la réflexion conceptuelle et méthodologique sur le développement rural , les institutions et organisations engagées dans le développement économique et social du pays. »

Mais mes amis cela fera l’objet d’un prochain article !!

D’ici la soyez patient , à venir dans les jours prochains un article complet faisant suite au dernier  » Voyager en Amérique du sud en velo  » avec un chapitre consacre au matériel.

Brossez vous les dents régulièrement et prenez soin de vous !

Hasta luego !

https://www.youtube.com/watch?v=JQ9pfPdD_Wg

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Hémisphère Nord !

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Salut les artistes !

 

Alors c’était bien l’été ? C’était bien les vacances ? Moi perso ça va bientôt faire un an que je suis en été ET en vacances…Mes pauvres…

Bon avant tout, on va commencer en musique aujourd’hui !

 

Actuellement je me trouve en Colombie, à Cali. Il y aurait encore énormément de choses à raconter depuis le dernier article, mais je ferais très court pour pouvoir aborder la question du voyage à vélo en général.

J’ai reçu pas mal de demande concernant mon quotidien, comment cela se déroule etc…donc je vais essayer de répondre (en partie) a toutes vos questions.

Alors rapidement, j’ai passé trois semaines géniales avec les parents au cœur du Pérou. Les pauvres ont affronté l’altitude avec courage dès le début, robuste les vieux. On a fait le plein de bon souvenirs ensemble pour se dire au revoir encore une fois…

Puis j’ai retrouvé Jonathan avec qui j’avais commencé à Ushuaia ! Ensemble nous avons rejoint l’Equateur, longeant la côte jusqu’aux montagnes de la Colombie…

Le contraste est frappant entre Bolivie/Pérou et équateur/Colombie. Je retiens surtout deux différences, le métissage et la musique bien plus diversifiée.

Mais je vous en reparlerais en temps voulu…

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Comme je vous le disais dans cet article on va parler voyage à vélo ! Que ce soit pour une ballade en Bretagne ou en Islande, peu importe la destination, la durée …

Je prépare actuellement un compte rendu bien plus « technique » sur le matériel etc…qui sera la suite logique de celui-ci. Donc même si vous n’êtes pas un acharné du pédalier j’espère que votre œil malin saura trouver de quoi vous faire sourire dans ce qui va suivre…

 

Pourquoi voyager en vélo ?

 

Avoir de beaux mollets.                  C’est déjà une raison suffisante non ?

 

Plus sérieusement je pense que la première raison qui me vient à l’esprit, c’est la réaction que vous pouvez provoquer chez les gens que vous croiserez.

Vous débarquer avec un vélo, donc automatiquement vous venez de plus loin que l’arrêt de bus le plus proche. Vous apportez donc avec vous quelque chose d’intriguant ou du moins de diffèrent.

Cette réaction va presque à coup sûr, si la situation le permet, engager un dialogue, des questions, un échange donc.

Et même un mauvais échange vaudra toujours mieux qu’une belle ignorance…

Bon avec tout cela évidement le voyage a vélo a plein d’avantage : liberté, écologie, accès à des paysages de rêves, vitesse de déplacement “humaine” …etc…

 

Se lancer

 

En vélo comme en séduction, le plus dur sera toujours de faire le premier pas. Mais même si il est maladroit et timide, vous l’aurez fait !

Si vous avez, au fond de vous, bien cache une petite envie d’une cyclo-escapade…Ecoutez cette petite voix, écoutez ce qu’elle aimerait vous dire…Laisser cette douce folie prendre racine…

Ne laissez pas la place aux regrets, personne ne vous demande de faire le tour du monde. Une simple ballade, une petite sortie…

Et si cela ne vous plait pas, quelle importance ? Vous aurez essayé !

La peur de partir. Je pourrais vous en écrire un roman. Je connais trop bien ce sentiment pour le prendre à la légère.

La seule chose à faire c’est de garder à l’esprit que si vous avez peur, c’est que vous n’êtes pas totalement naïf.

Le monde que vous avez construit autour de vous ne s’écroulera pas une fois le premier coup de pédale donné !

Alors si l’envie vous chatouille l’oreille (ou le mollet)…N’hésitez plus.

 

Voyage économique

 

Bon pour le moment je ne vous parlerais pas budget mais il viendra plus tard.

Vous le savez, j’ai fait le choix de voyager de manière ultra-économique.

Ayant la volonté de voyager longtemps, je dépense en moyenne 5€/jour. Mais je précise pour vivre. Pas pour survivre. Mais dans certains pays ici, avec 5 euros quotidien, vous êtes le roi du pétrole.

Durant ce voyage je vous prouverais en temps voulu qu’il est possible de couvrir une tres large distance sans dépenser le moindre sous.

Mais sans parler d’argent, voyager de cette manière m’apporte quelque chose de bien plus fort.

Camper chaque soir, se contenter du stricte nécessaire, savourer chaque petits instants qui pourrait paraitre insignifiant dans une vie plus confortable…

Sachant pertinemment que tout cela n’est que pour un temps….

 

Journée type

 

Bon j’arrête les bla-bla ¡ On embarque pour une journée type ¡

Aujourd’hui tu es sur la route, peu importe le pays.

Aujourd’hui tu as mis les voiles et tu as décidé d’aller voir ailleurs….

Aujourd’hui c’est toi.         Toi et ton velo.

 

…….

 

Lorsque que tu émerge de ton sommeil, tes yeux retrouvent peu à peu les repères qu’ils connaissent par cœur. La tente. La lumiere commence a percer la toile…

Ton corps se réveille .Pas de douleur au dos, la nuit a été bonne, réparatrice. Tu peux entendre les oiseaux qui s’activent déjà et la brise légère qui souffle sur l’arbre sous lequel tu as si bien dormis.

Tu sors. La fraicheur est agréable, vivifiante. Comme toi le paysage est en phase de réveil et le soleil prend le temps de découvrir peu à peu le flanc de la montagne.

Par orgueil tu te félicite d’avoir choisi un si bel endroit hier soir après cette étape de 80km.

Apres avoir réglé un besoin pressant mais indispensable, tu exécute les gestes du quotidien, avec une efficacité digne d’un professionnel. Ranger les affaires de la nuit. Ranger la tente.

Avisant la carte et ce que te réserve la journée, tu grignote quelques fruits et gâteaux. Les dents brossées et le vélo charge, un dernier regard sur le campement pour t’apercevoir que tu as oublie ton couteau sur le rebord d’une roche. Tu finiras bien par le perdre un jour…

Comme hier, la route est libre de tout véhicule. Ce n’est pas la plus direct, ni la plus simple mais tu sais que tu seras tranquille.

 

Allez le matin c’est toujours un peu dur de commencer… tu le sais depuis le temps !

Une petite musique pour te motiver et te réveiller définitivement…

 

 

 

Apres une dizaine de km, dans un village perdu tu aperçois une petite dame sur le bord de la route proposant des trucs étranges à manger… Ça a l’air gras, riche et pas du tout recommande pour le vélo. Tu en prends un par curiosité, trois autres par gourmandise.

Tu reprends la route prêt a en découdre avec une petite montagne, au sommet t’attend un comedor ¡ (restau pas cher)

Quelques nuages dans le ciel te garantissent une ascension à l’ombre. La temperature est parfaite. Les jambes repondent bien.

Une musique appropriée dans les oreilles pour te donner un petit coup de fouet !

 

15 km, c’est tout ce que tu as à grimpé pour ce matin. Tu souris en pensant qu’il y a quelques mois tu t’en seras cru incapable et maintenant c’est un plaisir.

La pente est relativement douce et le paysage légèrement cache par la végétation donc pour passer le temps tu décides d’écouter un podcast sur…le Qatar tiens !

Parmi les rares voitures que tu croise, une te prend en photo par la fenêtre sans prendre la peine de s’arrêter. Alors tu essayes d’imaginer ou va finir cette photo, surement pas au-dessus du canapé dans le salon vu la tronche que tu tires dans les cotes !

Apres une heure, tu as retiré les écouteurs et grimpe “ a capela” … tu sais maintenant que la construction de l’ensemble des structures nécessaire a la coupe du monde 2022 coutera au Qatar environ 15 milliard de dollar. Sans compter les pots de vin a Zizou. Une somme qui te laisse songeur , qu’es qu’on n’aurait pu faire de mieux avec autant de fric ?

Mais bon… au moment voulu tu seras probablement parmi la foule a gueuler “ on est les champion “ ou “ aux chiottes l’arbitre” , selon l’évolution du score et du débit d’alcool…

Le sommet est proche, le morceau de poulet aussi.

Un dernier effort, après le virage c’est surement la ¡ ah non tiens. Bon alors après l’autre la bas !

Enfin…

Soupe

Pollo Asado et frites.

Ju de panela et citrón

¿ de donde vienes ?

Les gens autour de toi décident de briser la glace, la discussion se lance…Apres les question/réponses classiques sur ton voyage, tu essayes d’en savoir plus sur le pays, la région…

Un type te propose même de partager un dessert typique pour te le faire connaitre. Ce n’est pas bon mais tu avales en souriant.

Les jambes lourdes, tu repars. La descente qui arrive sera parfaite pour se remettre dans le bain. Le soleil est bien présent mais la vitesse de la pente apporte le courant d’air idéal et glisse sur ta peau comme une caresse…

Pendant quelques heures, tu roules doucement vers une petite rivière que tu as repère ce matin sur la carte, confirmé par les gens ce midi. Les jambes tournent et la tête est ailleurs…

Au milieu de nulle part tu croise un cyclo voyageur, un japonais. Voyageant depuis des mois, il vient de traverser les pays vers lesquels tu te diriges. Une mine d’information ! Echanges de contact, une photo ? Allez une petite photo. Une poignée de main franche. Courage !

 

La fatigue se fait sentir, il va être temps pour toi d’arriver. Tu n’oublies pas de faire le plein d’eau et de trouver de quoi manger pour ce soir.

Une fois le pont de la rivière atteint, avant de pouvoir souffler définitivement il va te falloir trouver un lieu pour la nuit !

En quelques minutes tu as repère l’endroit. A l’abri des regards, peu fréquente et grand luxe, un petit coin à peu près plat pour y poser la tente !

Baignade avant le coucher du soleil, l’eau froide anesthésie la douleur dans les jambes…et elle remonte à quand ta dernière douche ? Aie quand tu ne t’en souviens pas du premier coup, c’est mauvais signe ! La crasse doit donc être évacuée avec une précision chirurgicale.

Debout sur un rocher au bord de l’eau, tu laisses le dernier rayon de soleil sécher ton corps et la fatigue t’envahir peu à peu…

La soirée se terminera près du feu. Tu engloutis quelques chapitres d’un bon bouquin et un gros plat de spaghetti (avec un morceau de fromage dégoté au fond d’une épicerie).

La nuit sera calme.

Les dernières flammes et les pensées de la journée disparaissent peu à peu pour laisser place à la nuit étoilée, porte des rêves et de tous les possibles….

…….

 

 

Allez retour sur Terre et devant votre petit écran….J’avoue c’est vraiment une belle journée et elles ne sont bien sûr pas toutes de ce niveau ! Mais je pense, j’espère, que vous voyez maintenant un peu le mode de vie que je mène depuis 11 mois…

 

Le risque ?

Il est présent. Comme partout. A vous de ne pas être naïf dans vos choix, écoutez les conseils locaux mais sachez aussi les mettre de cote. Et quand bien même il vous arriverait malheur, il sera question de malchance et surtout pas de certitude.

Depuis novembre 2014, je n’ai jamais rencontré le moindre problème. Mis à part une fois en ecuador avec John. Le propriétaire (alcoolise) d’un bout de terrain insignifiant a débarqué en pleine nuit en criant qu’il nous donnait 5 min pour dégager. Le tout accompagne d’insulte et de menaces sérieuses. En guise de motivation il a eu la bonne idée de mettre le feu dans les hautes herbes à deux mètres à peine de la tente de John… « Vous savez dans quelle direction le vent souffle ».

Des fous il y en aura toujours, partout.

 

Les rêves

Je me sentais un peu oblige d’aborder le sujet. Jamais vous ne ferez autant de rêves que pendant ce genre de voyage. Jamais vous ne connaitrez des rêves si puissants.

Avec mon CAP galette saucisse et neurologie (mention très bien), j’explique cela par une probable « fatigue mentale ». Toute la journée le cerveau capte des images totalement inédites, chaque lieu est inconnu. Le tout est passé au mixeur pendant la nuit et vous vous retrouverez rapidement en slip sur la banquise poursuivis par des agrafeuses armées de stylo Bic !

 

Sur le vélo

 

La plupart du temps je passe entre 6 et 8 heures sur le vélo. Il faut parfois trouver de quoi s’occuper ! Donc musique bien sûr, podcast sur une foule de sujet… Et très rapidement arrive un phénomène assez surprenant, l’esprit est capable de s’évader complètement de la situation. Les jambes tournent presque en autonomie.

Se repasser des morceaux de vie, des souvenirs oublies resurgissent comme des flashs. Alors j’essaye de comprendre comment j’ai pu mettre de coté certaine choses, pourquoi apparaissent-elles à cet instant plutôt qu’un autre ?

Il arrive souvent que je m’embarque sur des réflexions totalement inattendues comme par exemple l’imagination d’un plan complet de fabrication d’un meuble ou même de prototype de tente « révolutionnaire » !

Pour en avoir parlé avec Maeva et John, je sais ne pas être le seul à vivre ce genre de truc si puissant presque chaque jour. Croyez-moi il y aurait eu de quoi se marrer si j’avais pris note sur mon carnet de toutes les idées, tous les fantasmes et les projections qui ont pu me passer par la tete le cul vissée sur ma selle…

Que ce soit à l’école, au collège ou au lycée les profs me répétaient « tu es dans la lune ! ». Désole, vraiment désole de ne pas préférer les équations à deux inconnus, à la terre entière et ses milliards d’inconnus.

Pour les rares d’entre vous qui aurait une culture littéraire (bande d’ignorants) je vous renvoie au Vagabond des étoiles de Jack London.

 

 

Ah il y aurait tellement de choses a ecrire encore … les « auto-conversations » lorsque vous voyagez seul…les missions caca derriere le buisson….la liste des campements improbable ( de la sortie d’egout à l’hotel 4 etoiles…en passant par les vieux « squatte » de Slovaquie…)…Les questions formidables des gens parfois ( un gosse : « c’est quoi les long poils sur ton visage ? » ) ou meme les reponses ( moi :  » il faut encore monter beaucoup pour finir ce col ? » reponse:  » jusqu’a la fin de la côte !  » )….

 

 

Voila les loulous !

Je vais dire aurevoir a John qui rentre en terre bretonne et ensuite je me dirigerais vers le port immense de buenaventura pour prendre un bateau pour le Panama. La page « amerique du sud » est bientot achevée…

La seconde partie de l’article arrivera bientot je pense, d’ici la si vous avez d’autres questions….

Je vous invite à aller voir le blog de John pour de belles photos et plus de details sur ce dernier mois :

http://www.johnjohnair.blogspot.com.ar

Quelques photos sur DropBox :

 

https://www.dropbox.com/sh/07ktyazuzdynz3h/AAAnyNIc6d3FCQ6czQk0S9fIa?dl=0

Et je termine avec une grosse pensée pour Teddy, Clem et…Eliott ! Un petit morceau de bonheur en plus en Bretagne !

La bise à tous et haut les coeurs !

 

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Voyager sans raison

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Salut a tous !

Deux mois sans écrire , il y en a des choses a raconter… avant de commencer je tiens à préciser que j’ai mis 15 jours environ a rédiger cet article. Certaines choses vous paraitront peut être floues , difficilement compréhensibles. Donc soyez indulgents !

Beaucoup m’avaient prévenus la Bolivie et le Pérou en solitaire c’est vraiment pas simple.

Et je peux vous assurer que ces deux derniers mois ont été vraiment éprouvants et démoralisant. A tel point que j’ignore si je serais capable de supporter ce genre d’épreuve une nouvelle fois.

Bref. Retour en arrière comme d’hab !

Arrivé à la Paz  en Bolivie , mon genou gauche m’inquiète un peu. Mais j’ai rapidement mis de côté ce petit souci puisque je découvre ma première  » casa de ciclista » , une sorte de grosse colocation éphémère où se croisent les cyclovoyageurs du  monde entier !

Un appartement en plein centre villle où les murs sont couverts de témoignage d’aventure … Si vous hesitez à partir voyager en vélo , pour quelques jours ou quelques années peu importe , c’est dans un lieu comme celui la que vous trouverez conseils et inspiration.

Je reste deux semaines dans cet univers de rêves , de sacoches , de pignons usés et de cuisine étrange…. puis je décide de faire route vers le Pérou.

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Des la reprise le problème du genou revient en force. Chaque jours la douleur devient plus vive. Je dors de moins en moins la nuit puisque le froid n’arrange rien a ma situation.  Tout les matins je me demande si je vais pouvoir avancer. Le calvaire commence…

Le seul point positif a ce moment la c’est que je suis sur les bords du lac Titicaca , c’est donc relativement plat et simple. Et accessoirement super beau …

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Mais une fois que le lac se termine , les montagne reprennent. Je décide donc de prendre un bus pour rallier Cusco ( ~300km).
A 30 km de la ville d’où par ce bus , je suis renversé par un « micro » ( mini van taxi) . Pas a grande vitesse , mais suffisamment pour m’abimer la cuisse , une sacoche et le moral encore plus…
Je vous passe les détails de l’accident, sachez que le chauffeur ne c’est pas arrêter. Heureusement pour lui , meme si Teddy Riner avait été au volant il aurait pris la correction de sa vie !

Par chance a Cusco je trouve un poste au sein d’une équipe de volontaire dans une auberge de jeunesse. Sur le coup je me dit que c’est l’idéal pour me reposer. Faux !

L’expérience sera un échec cuisant. Et pour couronner le tout le genou ne s’arrange pas , je tente de marcher chaque soir dans les rues mais après une demi heure , la douleur revient.
Je suis totalement perdu.

Je quitte l’auberge après deux semaines et dans un repère de cycliste près du centre ville je rencontre un couple austrocanadien et décide de tenter une sortie de la ville avec eux.
Par expérience ils me conseillent de modifier la position de ma selle , très légèrement rabaissée et reculée. Sur le moment j’avoue que je n’y crois pas trop.
Le premier jour est horrible. Imaginez vous grimper un col pendant que quelqu’un s’amuse à vous torturer les tendons avec une pince de fer chauffée a blanc.

Deux jours apres , ne pouvant plus les suivre je me retrouve seul.

« …J’passe de sas en sas
Et mes visites s’espacent
Mes élans me courent et m’entraînent
Vers d’autres riveraines
Vers la grande inconnue
Loin du réconfort… »

En ce qui concerne mon genou la suite est a peine croyable. En trois jours , la douleur a disparue ! J’aimerais tellement retrouver ce couple pour les remercier , encore maintenant j’ai du mal a y croire. Je n’explique pas ce changement radical autrement que par cette hauteur de selle.

Croyez moi sur parole , cette partie du Pérou est la plus dur du voyage en terme de dénivelé. C’est un enchainement col et de vallées. Si vous n’êtes pas un acharné de vélo , il vous sera difficile d’imaginer ce que peux représenter d’avoir a monté chaque jour 40,50,60 km en très très hautes montagne puis de tout redescendre…et recommencer….etc….
Donc je n’irais pas plus loin dans les détails techniques.

Au dela de ce problème de genou qui a fini par disparaitre , au delà de la difficulté des montagnes,  ce qui m’a rongé pendant cette longue période c’est un mal assez étrange. C’est la où j’ai du mal a trouver les mots justes.

Après la Paz , je suis devenu peu a peu « hermétique » à ce qui m’entourait. Voyant le mal partout.
En ville il n’y avait que le bruit , la pollution , trop de gens , trop de mouvement.  En dehors il n’y avait que la pauvreté , la misère cruelle et sans pitié , les gosses jouant sur un tas d’ordure ou travaillant aux champs.

La liste est encore longue… mais en clair , je ne supportais plus toutes ces choses . Avec une certaine lâcheté j’ai préféré sortir de tout ça. M’en éloigner le plus possible , m’enfoncer dans la solitude de la montagne plutôt que de regarder cette réalité en face qui m’effrayait , me degoutait.

A tort je me suis mis à devenir haineux. Envers moi même et envers eux. Je rejetais tout , je melangeais tout. Me fixant sur mon obsession constante de la religion , pardon si je choque certains d’entre vous. Je respect les croyance de chacun mais je ne comprenais pas comment ces gens pouvaient être si attaché au christianisme , alors que c’est bien cette même religion qui a anéanti une des plus grande civilisation du monde antique. Leur monde.

Mais mes frustrations ne s’arretais pas a la question de la religion , sur bien d’autre sujet je m’enfermais dans des raisonnement stupides. Sans intérêt . Totalement perdu dans ce malaise , je suis resté seul dans mon coin a regarder le temps passé.

Je ne voulais plus avoir affaire aux autres , quels qu’ils soient.

« …I’m not of their world.
So why should I leave my sanctuary?
Man, the whole thought of that is scary.
How do I know that their kind will truly hear me out.
Will they understand I’m flying a different route?
Pose as a human being, mother moon tells me that people need my help.
I guess these are the cards she threw out and dealt.
She said I gotta do it alone,
She said I gotta do it alone.
I guess I gotta go… »

Un voyage sans raison.

Dans ma deprime des questions personnelles sont apparues. Des questions très dures à accepter dans ce genre de situation…

Pourquoi tu fais ça ?
Pourquoi toujours ce même quotidien , ces journées sans parler a personne ? Où est l’intérêt ?
Pourquoi vivre chaque jour dans la crasse , l’inconfort , le froid …vivre a l’économie la plus radicale pour toi mais par choix. Pas comme eux. Eux c’est par nécessité . Toi tu l’a choisis.

Pourquoi faire ce genre de choix ?…pourquoi avoir tout abandonné en France ? Pourquoi avoir mis une telle distance entre tes proches et toi , si c’est pour vivre triste et seul dans les montagnes ?….

Bon j’arrête la liste des questions qui peuvent venir vous saisir le coeur en pleine nuit dans la tente. Vous l’aurez compris…pas une belle période.

« …je n’ai plus que les mots de la politesse
les « bonjour »
les « merci » les « au revoir »
je ne sais plus ce qu’il faut dire
comment se tenir
j’ai oublié les codes
la solitude
a tout vidé …. »

Il m’aura fallu un autre accident pour avoir le declic.  Cette fois je me suis débrouiller tout seul comme un grand pour me vautrer ! En pleine descente , la roue avant glisse sur un cours d’eau dans un virage… vol plané , trois roulades , le casque solidement attaché…à l’arrière du vélo !

Avec le recul je suis plutôt content de ma réception ! Mais sur le moment je ne faisais vraiment pas le fier. Sonné quelques dizaine de secondes je me suis ensuite relevé et allez savoir pourquoi j’ai tenu a finir la descente avant de souffler.

A la vue du coude en sang je me met a trembler.
Poser le vélo.
S’assoir sous un arbre.
Craquer
Tout lâcher.

Je ne sais pas combien de temps j’ai pu rester sous l’arbre. Les yeux dans le vide. Le coude n’avait quasiment rien finalement.
Alors comme lorsque l’on est allonge sur une plage et que l’on ramene un maximum de sable vers soi avec ses bras et ses jambes. J’ai essayé de ramener un maximum de choses positives vers moi…
Ce voyage…
Plus de 10 000 km maintenant…
Le depart de Ushuaia avec Javi, John et Maeva.
Ces visages ,  ces rencontres , ces paysages…
Toutes ces petites choses que j’avais pu oublié sur la route…

Vous . Évidement. Vous qui prenez le temps de me lire et de supporter mes fautes d’orthographe. Chacun a votre manière vous me soutenez. Par vos commentaire , vos messages… même de la part de personnes que j’avais perdu de vue ( ce vieux Arlem…et tant d’autre ! ) les petites musique d’une ancienne coloc’ qui m’accompagnent sur la route , un message emouvant d’un belge bolivien,  les photos de la petite Paola et les blagues nulles de sa tante…etc…
Tout cela a cet instant je le ramenai vers moi .
Une pensée aussi pour toutes ces étoiles filantes aussi que j’ai pu croiser.

Mes étoiles filantes ce sont pour moi tout ces voyageurs sur la route qui ont dans leur parcours quelque chose de fou , de surprenant.
Ce nicaraguayen qui rencontre une allemande et l’embarque dans son voyage a vélo … ces deux australiens qui marchent a travers le Pérou pour rejoindre le fleuve amazone pour le traverser en kayak !…. Cet allemand qui était supposé partir a velo six mois en europe et se retrouve deux ans plus tard a vadrouiller au Pérou après avoir traversé l’Atlantique en voilier …ce colombien qui après avoir vu deux de ses amis mourir dans une mine décide de changer de vie , se construit une remorque et par sur les routes de l’Amérique du sud sans argent….l’hollandais croisé a mendoza revenant d’alaska….

Quand on aperçois une étoile filante on fait un vœux.

Si eux on pu vivre ce genre d’expérience alors il n’y pas de raison de baisser les bras et d’avancer uniquement grace a l’orgueil. Ça n’a pas de sens.

Avec tout cela , du repos et par chance le lendemain de l’accident une invitation a manger chez des apiculteurs de la région , j’ai retrouver la papa frita et le sourire !!

Les montagne se sont calmées et j’ai été vadrouiller le long du lac junin avec les flamant rose et a el bosque de piedras dormir avec lamas ( voir photos ).

Une étape du voyage qui se termine puisque dans quelques jours je reçois la visite d’une représentante du corps médical breton et un émissaire du peuple aborigène ! ( traduction: mes parents)

Donc mon fidèle destrier tornado va pouvoir se la couler douce pendant trois semaines !

Voilà j’en termine la pour cet article . Encore une fois je souligne que ça n’a pas été simple de vous décrire ce mal etre qui est loin derrière moi maintenant.
Merci pour votre temps et votre soutien !

Pour les photos , vous les retouverez via dropbox sur ce lien :

https://www.dropbox.com/sh/bme2cvd0j3d8z9a/AACNgDGLr6ifJ3YgPwBFC3z0a?dl=0

Hasta luego !

« ….et pourtant se sont eux qui me traite de sauvage
ils n’ont pas compris que ça ne sert à rien d’être une vague qui avance
qui avale
mais qu’il faut écouter ces silences
rester en suspend au dessus
à regarder le monde s’engloutir
ne pas le coller
mais trouver le contre temps
être le sillage seulement
Ces gens qui s’éreintent pour oublier
tentent de fuir leur malaise
ils se donnent du mal au lieu
d’écouter leur silence

Laissons-le parler… »

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